Une fenêtre Mediapart dans la manifestation de Marseille

Le Vieux-Port est vite devenu trop petit ce 7 septembre pour recevoir toute la foule des manifestants. Quelques-uns avaient prévu le parapluie mais la plupart avaient choisi de braver les prévisions météorologiques désastreuses, les alertes qui viraient de l'orange au rouge comme si un ultime argument contre la manifestation en appelait au ciel pour diluer la résistance.

Le Vieux-Port est vite devenu trop petit ce 7 septembre pour recevoir toute la foule des manifestants. Quelques-uns avaient prévu le parapluie mais la plupart avaient choisi de braver les prévisions météorologiques désastreuses, les alertes qui viraient de l'orange au rouge comme si un ultime argument contre la manifestation en appelait au ciel pour diluer la résistance.
Ce n'étaient pas les petits groupes dispersés que l'on a pu voir en juin ou lors d'autres manifestations ces dernières années.
Difficile de se frayer un chemin, les derniers centimètres carrés où la circulation est encore possible se rétrécissent à vue d'il, les pelouses, les trottoirs, tous les espaces sont remplis de monde.
Des gens qui, visiblement, savent pourquoi ils sont là. On sent bien qu'on n'est plus dans l'hésitation, dans le doute et cette fois l'adversaire est désigné clairement à travers celui qui les représente tous en première ligne : c'est la responsabilité du chef de l'Etat qui est engagée. Toutes les paroles que l'oreille baladeuse perçoit reviennent sur ce constat.
Il y avait bien quelques chansons pour mettre la colère en musique, il y avait bien quelques slogans pour ne pas oublier que le sujet était le rapt systématique pratiqué sur nos retraites, mais l'essentiel des apostrophes épinglaient le Président de la République pour lui dire en direct que son projet ne passera pas. Lui dire qu'on reviendra le lui dire tant que le projet des retraites ne sera pas réexaminé honnêtement. Pas sur le dos des salariés.

manif du 7 septembre Marseille

Dans cette immense manifestation nous avons ouvert une minuscule fenêtre "Médiapart" avec quelques mots d'Albert Camus en 44 dans le journal Combat "Libérer les journaux de l'argent et leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu'il y a de meilleur en lui".
C'est au bas de la rue de la République, au bas de ce quartier qui était encore un quartier populaire il y a quelques mois, entre le café La Samaritaine où les Marseillais se donnent rendez-vous chaque fois qu'ils n'ont pas, à l'avance, réfléchi à l'endroit où ils allaient se donner rendez-vous, à quelques pas de l'église des Prêcheurs ( de son vrai nom église St Cannat) qui fut raccourcie de quelques mètres lors de la construction, sous Napoléon III, de la rue Impériale ( ancien nom de la rue de la République), sur la rive droite de la manifestation, là où chaque cortège commençait à se mettre en mouvement, c'est là donc, sur 1m2 de pancarte que nous avons affirmé la présence de Médiapart.
Présence bien reçue par les manifestants, beaucoup nous faisaient de loin des signes d'encouragement et d'acquiescement, au texte de Camus où à l'existence de Médiapart, ça on ne peut pas savoir. Beaucoup photographiaient la pancarte et certains venaient nous demander le programme du week-end du 25/26 septembre à Buoux. Des abonnés de Médiapart découvraient CAMédia et certains laissaient entendre que Médiapart n'était pas pour rien dans la mobilisation formidable de ce jour.
A 13h15, alors que les premiers rangs des manifestants étaient déjà arrivés place Castellane des cortèges démarraient encore du Vieux Port. Le vent s'attaquant de plus en plus rageusement à notre pancarte, nous avons fini par la replier et par aller manger un plat de pâtes chez "l'Enoteca"
accompagné d'un verre de Bardolino.
La probabilité d'avoir à revenir étant forte et largement partagée dans les esprits, il s'agit pour chacun de ménager ses forces ( les dirigeants syndicaux annoncent 200 000 manifestants, peut-être faudra-t-il être plus nombreux encore la prochaine fois.)

 

 

Serge Koulberg

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