Piège linguistique au Burkina (I)

18 mars 2009. 6 heures 30 du matin. Emission «Affairage» sur les ondes de la station Ouaga FM 105.2. Un auditeur s’inquiète d’une campagne promotionnelle pour un vaccin qui rendrait stérile.

18 mars 2009. 6 heures 30 du matin. Emission «Affairage» sur les ondes de la station Ouaga FM 105.2. Un auditeur s’inquiète d’une campagne promotionnelle pour un vaccin qui rendrait stérile. Faisant recours à son français approximatif, il cible ses craintes. Dans le message de sensibilisation sanitaire, c’est un mot abscons qu’il a ainsi interprété: «néonatal».
Certaines publicités vues ou entendues au Burkina Faso ne collent pas parfaitement au contexte burkinabè, notamment au niveau linguistique. On pratique 68 langues sur l’étendue du territoire, mais aucune – y compris les répandues mooré et dioula– n’est partagée par tous. Aucune, sauf peut-être -jusqu’à un certain niveau d’efficacité- le français, la langue de l’ancien colonisateur que l’on a retenue comme langue officielle, parce qu’elle ne privilégie aucune ethnie. Mais dans un pays où l’alphabétisation était récemment qualifiée « d’alpha-bête-bétisation » par le groupe de rap Yeleen, le Français “soutenu” prête à confusion. Que dire alors d’un jargon médical où l’on parle de «vaccination contre le tétanos maternel et… néonatal»?

Piège linguistique au Burkina © Damien Glez Piège linguistique au Burkina © Damien Glez

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