Liste 3 # En attendant le Fespaco

Quatre références pour se préparer au grand frisson du festival panafricain de cinéma de Ouagadougou, et creuser cet «angle mort» du cinéma mondial qu'est devenu le cinéma africain.

Quatre références pour se préparer au grand frisson du festival panafricain de cinéma de Ouagadougou, et creuser cet «angle mort» du cinéma mondial qu'est devenu le cinéma africain.

 

Africamania! Le catalogue de la rétrospective organisée par la Cinémathèque française, en 2008, à l'occasion des 50 ans du cinéma africain, avec près de 80 films programmés. On y lira surtout les entretiens avec le Sénégalais militant Ousmane Sembene (auteur de La noire de..., décédé en 2007, et auquel le Fespaco rendra hommage cette année) et le Burkinabè Gaston Kaboré (Buud Yam, 1996), par ailleurs président du jury 2009. Ainsi qu'une double page sur l'explosion de la production vidéo à l'échelle du continent, très prisée par la jeunesse africaine, et qui fera l'objet d'un panorama dans les salles de Ouaga cette année.

 

 

Le cinéma africain, un continent à la recherche de son propre regard, d'Elisabeth Lequeret, édition Cahiers du Cinéma/Scérén-cndp, 2003. Entrée en matière idéale pour cerner le cinéma africain francophone (Afrique de l'Ouest et centrale), depuis Afrique sur Seine, tourné par deux Sénégalais à Paris et produit par le Musée de l'homme en 1955 (préfigurant la dépendance financière de beaucoup de films africains envers la France), jusqu'à En attendant le bonheur, du Mauritanien Abderrahmane Sissako, montré à Cannes en 2002. Parmi les documents rassemblés en fin d'ouvrage, un texte important du réalisateur congolais David-Pierre Fila, qui s'inquiète du développement d'un «cinéma de sociologues et de cinéphiles», coupé de son public.

 

 

Le numéro 73 de la revue Africultures, consacré aux Festivals et biennales d'Afrique : machine ou utopie ? (L'Harmattan, 2008). Près de 250 pages pour disserter sur le «festivalisme» africain, entre spectacularisation de la culture, outil de communication, mise en relation d'artistes et naissance d'un tourisme culturel sur le continent... Où l'on parle surtout des manifestations d'art contemporain, mais aussi du Fespaco, «gigantesque festival post-indépendance» qui a profondément imprimé sa marque sur Ouagadougou - y compris en termes d'aménagements architecturaux et d'infrastructures. Dans le cahier critique, deux textes d'Olivier Barlet sur la rétrospective Africamania! de la Cinémathèque.

 


 

 

Plus pointu, le superbe livre qu'a consacré Henri-François Imbert, chez L'Harmattan, au documentariste sénégalais Samba Felix Ndiaye (qui posera cette année au Fespaco ses Questions à la terre natale - ou comment, encore une fois, «filmer la résistance»).

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