Une Europe virtuelle

Dans ces temps de conscience européenne troublée, l'initiative de la bibliothèque numérique européenne, baptisée Europeana, appelle quelques commentaires. Et tout d'abord, le patrimoine européen se réduit-il à la somme de patrimoines nationaux et régionaux? La nature d'Europeana donne une première réponse : il s'est agi pour ses promoteurs -et Jean-Noêl Jeanneney en premier lieu- de mettre en réseau un maximum de documents patrimoniaux nationaux déjà numérisés et en ligne. Europeana est d'abord un portail, c'est une porte d'accès à des ressources qui existent déjà par ailleurs. Europeana est également une bibliothèque, puisqu'elle permet un accès à des documents organisés en collections, fonds etc...

C'est dire que cette initiative s'appuie sur les patrimoines nationaux et infra-nationaux pour exister.

 

Europeana s'enrichira, se développera. Et deux pistes pourraient être fécondes : celle du multilinguisme et celle des transferts culturels.

Le multilinguisme : Europeana propose un accès multinlingue aux ressources, c'est bien la moindre des choses, compte-tenu du projet. Mais on pourrait imaginer que l'internaute poserait sa question au moteur de recherche et que celui-ci ramènerait du contenu dans toutes les langues. Quel défi scientifique à relever!

Mais aussi quelle porte ouverte sur les transferts culturels incessants entre nos vieilles nations! Cette deuxième piste, les internautes l'ouvriront d'eux-mêmes, du moins les plus curieux. Car une fois en contact avec un contenu donné, nul doute que certains d'entre eux se poseront la question de son existence dans un autre contexte culturel proche. C'est l'approche intuitive des transferts culturels.

En creusant ce sillon, Europeana transformerait un agrégat de patrimoines nationaux en un patrimoine européen. Longue vie à Europeana!

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