Marseille : Immersion totale dans un monde fascinant menacé de disparition

  Le 37e Festival Mondial de l'Image Sous-marine se tient à Marseille, Palais du Pharo, du 27 au 31 octobre 2010. Un événement annuel, unique à l'échelle mondiale, qui réunit dans une ambiance festive et conviviale les passionnés de la mer et de ses richesses. L'occasion de découvrir un monde de grâce et de beauté, fascinant mais "en déclin accéléré, avec le risque brutal d'une disparition irréversible", selon les organisteurs.

On commence par visiter les stands, plus de 70 dédiés aux richesses du monde sous-marin, avant de plonger pendant 3 jours, en immersion totale et intense, dans les œuvres qui lui sont dédiées. Si l'on se fie aux chiffres de l'an dernier communiqués par les organisateurs, « cette année encore ce sont près de 25 000 visiteurs qui vont affluer au Festival et, qu'ils soient professionnels, passionnés ou simples amateurs du monde sous-marin. Ils s'émerveilleront devant les œuvres de quelques 1000 participants, représentant 60 nationalités. Pas moins de 150 films en concours, projetés cette année au cours de ces trois jours ! Et il y a aussi un concours pour les photos... 250 participants ! Les sites web, 15 participants en lice, et 26 pour les livres. Les montages audiovisuels sont aussi de la partie avec 27 participants, comme les reportages où ils sont 9 à vouloir remporter le prix «Plongée Magazine du reportage sous-marin.»

Le Festival va remettre des prix prestigieux... Prix de l'Institut Océanographique Albert 1er, Prince de Monaco... Prix du Président de la République... et bien d'autres, pour récompenser films, longs et moyens métrages, clips et courts métrages, les images fixes et les séries sonorisés. Prenons garde d'oublier le palmarès photo, portfolio, trio-photo, diaporama et série sonorisée ! On vous aura prévenus : c'est très riche, c'est très intense, ce sont des flashs à répétition, les passionnés se régalent et en redemandent ! Mais c'est aussi pour eux l'occasion de prendre conscience des désastres écologiques engendrés par le pillage des ressources et les pollutions de toutes sortes...
La pêche et les produits de la mer constituent l'alimentation de base de 2 milliards de personnes dans le monde... Près de 3 milliards d'êtres humains vivent à proximité des côtes. Les estimations les plus pessimistes, publiées dans la célèbre revue américaine Science, parlent de l'épuisement des ressources halieutiques à l'horizon 2050... Pourtant, des données montrent aussi qu'il est possible d'inverser les tendances actuelles avant qu'il ne soit trop tard, estiment les auteurs européens et américains de l'étude, déplorant toutefois que seul 1% des océans soit protégé actuellement. Après l'accélération des dégradations dans le milieu marin ces dernières années, c'est une course de vitesse qui est maintenant engagée contre une extinction massive des espèces. Les enjeux seront rappelés à l'occasion de la tenue à Marseille du 7e Forum pour l'Océan, qui coïncide cette année avec le 50e anniversaire de la commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco.

La métropole phocéenne, port d'attache "définitif" du Festival Mondial de l'Image sous-marine
 Créé il y a 37 ans à Antibes, le Festival Mondial de l'Image sous-marine est marseillais depuis 2 ans. Il a pour fondateur Daniel Mercier et comme président Philippe Valette. Pour cette année 2010, le festival est placé sous la présidence d'honneur de Jean-Michel Cousteau. Explorateur, environnementaliste, pédagogue et producteur de films, l'homme consacre sa vie à communiquer au public du monde sa passion, mais aussi son inquiétude pour notre planète eau, dans le sillage lumineux tracé par son père, le célèbre commandant Yves Cousteau.
Depuis plus de 30 ans, les médias du monde entier couvrent cette importante manifestation qui contribue à la reconnaissance du monde marin et de sa biodiversité et des dangers qui le guettent ou l'assaillent déjà. Images et films primés font le tour du monde. À travers leur dimension pédagogique, ils sensibilisent le public sur le thème de la protection de ce patrimoine naturel, "primordiale pour notre avenir, celui des plus jeunes en particulier." L'importance du sujet n'échappe plus à personne. Alors, on ne s'étonnera pas qu'au fil des ans, le festival ait pris de l'ampleur. Le Palais des Congrès antibois, dépassé par l'événement et les normes, s'est avéré inadapté pour continuer à l'accueillir. Après un test non concluant avec Nice, les organisateurs commençaient à désespérer quand Jean- Claude Gaudin leur a tendu les bras, les implorant presque : "testez-nous ! Je vous offre le Palais du Pharo !" 
Entre le Festival mondial de l'Image sous-marine et Marseille, l'aïoli a pris... Alors, en 2010, pour la seconde fois de son histoire, le festival y a installé ses quartiers.
"La délocalisation est définitive", selon les organisateurs. À la plus grande joie de Jean- Claude Gaudin, pour lequel "le choix de Marseille confirme sa capacité à organiser ou à accueillir des événements, de portée mondiale, qui contribuent à élargir sa notoriété et à renforcer son attractivité. "
Le Palais du Pharo Le Festival Mondial de l'Image sous-marine de Marseille s'affirme aussi comme le corollaire des actions menées par la Ville en faveur des biotopes sous-marins et des activités qui y sont liées. En 2007 notamment, le programme « Récifs Prado » s'est concrétisé par l'immersion de 35 000 m2 de récits artificiels dans la rade Sud. Grâce à cette opération, la vie aquatique reprend, prolifère, favorisant la pêche artisanale et les activités de loisirs telles la pêche de plaisance, la plongée sous- marine... et l'expansion de tout un secteur économique lié au tourisme. Prévoyant et désireux d'en accélérer le développement, Jean-Claude Gaudin rêvait à cette époque de véritables barres HML pour les poissons et autres organismes marins tout au long du littoral... Il ira jusqu'à exiger du gouvernement français l'ordre de couler l'épave du porte-avion "Clemenceau" en rade de Marseille !
Aujourd'hui, avec le Festival Mondial de l'Image Sous-marine, la doyenne des villes françaises, en pleine renaissance, tient un événement à la hauteur de ses légitimes ambitions internationales. Philippe LEGER

 

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