Sarkozystan

Comme chacun sait l’UMP entend devenir Les Républicains, sous la pression de l’homme, impliqué dans dix affaires judiciaires, qui en a pris possession.

Comme chacun sait l’UMP entend devenir Les Républicains, sous la pression de l’homme, impliqué dans dix affaires judiciaires, qui en a pris possession. Tout a été dit sur ce scandaleux détournement sémantique, habilement mis en avant pour tenter de faire oublier les comptes que le parti en question et celui qui l’a pris d’assaut doivent rendre à la justice. Sarkozy aurait déclaré que « c’en est fini des acronymes ». Comme on l’a très souvent rappelé dans cette édition, et comme l’excellent François Morel l’a également rappelé dans sa chronique hebdomadaire de ce jour sur France Inter, UMP n’est pas un acronyme, c’est un sigle. Un acronyme est un sigle qui fait sens et qui devient un mot, cf A Concise Grammar of the English Language, p-1581 : Acronyms are words formed with the initial letters of words that make up a name. Au-delà de la forme il convient de s’occuper du fond, même s’il n’est pas sûr qu’il y en ait un.

 

Or une autre voix talentueuse de France Inter, Guillaume Erner, a trouvé la solution qu’il faut faire connaître de façon urgente et propager aussi vite que possible. Le nom tout indiqué pour renommer l’UMP est le Sarkozystan, littéralement le pays (stan, suffixe d’origine perse) de Sarkozy. A qui  d’autre diable pourrait-il appartenir ? En plus de l’immense satisfaction engendrée par une telle trouvaille pour le petit dieulinquant pré-cité, de nombreuses possibilités d’alliance objective émergeraient avec le Kazakhstan, qui partage avec le futur parti en question de nombreuses valeurs très « républicaines » : la mise sous l’éteignoir de la justice et de la presse, un mépris profond des droits les plus élémentaires ainsi qu’un culte sans limite de la personnalité. On n’oubliera pas, dans la liste des autres alliés potentiels exemplaires, l’Afghanistan, le Kyrgystan, le Pakistan, le Tajikistan, le Turkmenistan et l’Ouzbékistan. Enfin, dernier avantage, et non des moindres, en cas de sommet du Sarkozystan avec tous ces pays frères, il y aurait vraisemblablement la possibilité  — indicible bonheur — de se faire prendre en photo avec l'inévitable invité de marque, Poutine, et même de lui tendre un portable…

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