Fronde et frondeurs

Ces derniers temps on a beaucoup entendu parler — et très souvent à tort et à travers et de façon inappropriée —  de fronde, de fronder et de frondeurs. Littéralement la « fronde » a trois sens essentiels : 1) la feuille des plantes ou le feuillage plus généralement — sens qui ne sera pas retenu en l’occurrence, malgré le bon air de printemps qu’il exhale —; 2) une arme formée d’une poche de cuir suspendue par deux cordes et contenant un projectile ; 3) nom donné à la sédition qui éclata contre Mazarin et la reine mère Régente Anne d’Autriche, sous la minorité de Louis XIV. « Fronder » signifie 1) lancer un projectile avec une fronde ; 2) attaquer, railler, critiquer.  Quant à « frondeur », il désigne soit 1) un soldat armé de la fronde ; 2) celui ou celle qui appartenait au parti de la Fronde. 

 

Au vu de ces définitions du Bloch & Warburg et du Grand Robert, on voit clairement que les députés du Parti Socialiste qui, contrairement à l’actuel président de la République, n’ont oublié ni les promesses des campagnes électorales, présidentielle et législative, de 2012 ; ni l’engagement permanent qu’ils doivent à ceux qui les ont élus et ne répondent,en aucun cas, à cette catégorisation réductive. Malgré les insultes, intimidations et tentatives de brimades de Bruno Le Roux et du célèbre Jean-Christophe Cambadélis, le diplômé sans diplôme, les députés socialistes ainsi nommés ne sont tout simplement pas amnésiques ni méprisants avec celles et ceux qui leur ont accordé leur suffrage.

 

Ceci étant dit, il serait intéressant de savoir quels vocables Le Roux et Cambadélis vont trouver pour désigner Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne, qui, comme chacun sait, a accompagné un député UDI, un sénateur UMP et un député UMP pour aller se prosterner devant Bachar el-Assad, le boucher de Damas, que Sarkozy avait reçu en grande pompe à l’Elysée.

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