Prendre ses responsabilités

Manuel Valls, le premier ministre dont les mauvaises langues prétendent qu’il est socialiste, s’est fendu d’une de ces mâles déclarations dont il a le secret, à propos de Mathieu Gallet, le luxueux et très restauré pdg de Radio France : « Il faut qu’il prenne ses responsabilités ». D’ordinaire, pour le Grand Robert et le TILF cette composition par juxtaposition signifie endosser, prendre sous son bonnet, sur son compte, sur sa tête, faire quelque chose à ses risques et périls. Mathieu Gallet serait-il invité à porter le chapeau du budget, en berne et, surtout, en déficit, alloué à Radio-France sur le budget national ? Serait-il le regrettable ultra-libéral qui veut inciter les salariés à travailler jusqu’à 67 ans mais les pousser dehors à partir de 50 ans ? 

 

Procès très injuste pour quelqu’un dont la compétence est essentiellement, semble-t-il, en restauration de bureaux, aux frais du contribuable (qui n’en a cure de tout ce mobilier superflu), mais pas en audiovisuel et en gestion de ce domaine. A moins qu’il ne s’agisse du sens de droit civil, par lequel il y a obligation pour une personne de réparer un dommage subi par autrui à la suite de l'événement dont elle est responsable, auquel cas le nouvel arrivant ne saurait être tenu responsable des errements de ses prédécesseurs. Ou alors le premier ministre pensait, en transpirant sans doute, au droit constitutionnel, dans lequel la responsabilité ministérielle est une technique essentielle du régime parlementaire permettant à l'organe législatif de contraindre le gouvernement à démissionner. Il est certain que la démission spontanée de Mathieu Gallet arrangerait tout le monde mais ne résoudrait rien.

 

Et puis rappelons que cette invitation un peu abrupte a été lancée par quelqu’un qui souffre de schizophrénie, de toute évidence, puisqu’avant de partir en croisade contre l’extrême-droite, il avait tenu les honteux propos que l’on sait sur les Rroms. Peut-être serait-il grand temps que, lui aussi, prenne ses responsabilités

 

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