One, two, three viva l’Algeria

Cette expression prend ses racines à l’époque de la décolonisation. Ces paroles depuis ont été reprises dans les stades de foot hauts lieux de la contestation contre le « système » depuis des années. Et on les a encore entendus lors des manifestations des vendredi reprises par des milliers de manifestant-e-s.

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Ce vendredi 4 avril pour la septième semaine d’affilée le peuple algérien s’est mobilisé pour réclamer le départ de l’ensemble des dirigeants et pas seulement de Bouteflika et la fin du « système » qui gouverne le pays dans la plus grande opacité autour de la famille du Président, de l’état-major de l’Armée et de certains cercles patronaux. Depuis quelques jours les défections se sont multipliées de la part de piliers du « système » les partis à la tête du pays FLN et RCD et la direction du syndicat UGTA et signe avant-coureur l’ancien patron des patrons a été arrêté alors qu’il tentait de passer en Tunisie.

Au moment où ces lignes sont écrites rien n’est encore joué mais l’histoire s’accélère. Auto-organisation, refus de la représentation, volonté de prendre directement ses affaires en mains, ce sont là des éléments qui émergent comme dans le mouvement des places et les révolutions des années précédentes.

Bouteflika a démissionné sous la sommation du général Gaid Salah et du haut état-major, qui au moment le plus opportun ont compris qu’il fallait se dissocier du Président et avant eux et surtout, du peuple. Cependant le départ de celui-ci n’a jamais été une fin en soi, mais une étape vers la construction d’une véritable démocratie. Le schéma d’une transition conduite par une partie du « système » – les militaires – pourrait-t-il être accepté par les Algériens ? Rien n’est moins sûr. Pour beaucoup il faut que s’ouvre un processus démocratique constituant, ce qui ne peut se faire qu’après le départ de la totalité des tenants de l’actuel « système ».

Comme en écho à ce qui pouvait être entendu début 2011 dans les rues du Caire et de Tunis résonnent à nouveau des « Dégagez » et un formidable espoir révolutionnaire est en cours. Pour l’Algérie bien sûr mais aussi pour les autres peuples de la région. Malgré leurs écrasements en Syrie et en Egypte les révolutions arabes ne sont pas mortes, ce qui se passe en Algérie montre qu’il s’agit de processus longs avec des hauts et des bas et que l’histoire n’est pas finie.

Henri Merme

Esprit de suite du numéro 4 de cerises, la coopérative : Le numéro 4 (pdf, 730.3 kB)

 

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