#GJ : «Sur l’écran noir de mes nuits blanches»… le jaune! par Patrick Silberstein

Dans Les Temps modernes, Charlot ramasse un drapeau tombé d’un camion et court pour le rapporter. Une foule sortie d’on ne sait où se précipite derrière lui… C’est ça qui est bath dans le cinoche en noir et blanc: même les Miró voient les couleurs. Le technicolor aurait-il obscurci notre vision? Cônes et bâtonnets se mélangeraient-ils les pinceaux ?

 

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La France black-blanc-beur en colère noire s’est habillée de jaune. Drôle d’idée aurait-dit mon grand-père rouge qui était dans le « schmates ». Si t’ajoute dans le pot que pour compliquer le tableau, les jaunes ont ressorti les drapeaux tricolores et que les vert-de-gris et les chemises brunes s’en sont mêlés, le rouge moyen est blême. Normal ! Il faut s’habituer au noir. Surtout quand on a soi-même éteint la lumière.

Au milieu des palettes, Jackson Pollock jette un œil gris sur ses compagnons. Il se gratte la gapette, tire sur son bleu et froisse sa blouse blanche. «Mais où donc ont-ils planqué leur spectromètre de masse?» Enterré quelque part dans le bric-à-brac de l’amphi Richelieu et de la place Kossuth? Sont-ils frappés d’achromatopsie au point de ne pas voir la couleur qui se cache derrière le jaune?

«Ensemble de radiations monochromatiques résultant de la décomposition d'une lumière», selon La Rousse, le spectre ça tache et s’attache. Il suffit pourtant de quelques prismes pour faire l’arc-en-ciel. Et la lumière fut sur les bancs des Beaux-Arts. Tamisée certes mais le clair-obscur c’est flashy, surtout quand trop de lumière nuit.

Les bourgeois éclairés, tels Orange, un peu verts de trouille, ont lâché quelques pièces jaunes pour que le mélange des couleurs ne coule pas sur leurs costumes gris.

Le jaune éclaire la rue, sortons nos pistolets (à peinture) et graphons revendications sociales et démocratiques radicales. A quoi bon avoir un chevalet sinon ?

« Il faut savoir foncer dans le provisoire. À condition de ne pas oublier que c’est du provisoire» (Lucien Febvre).

 

Patrick Silberstein

 

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Démocratie : le pouvoir du peuple ? Numéro 2

Démocratie représentative, économique, directe totale, la réunion débat co-organisée le 19 janvier dernier par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires, des membres d’Ensemble et du NPA, a tenu ses promesses et appelle à des suites . Retenez d’ores et déjà la date du 23 mars.

Le dossier de ce numéro 2, s’inspire des problématiques qui ont émergé lors des échanges et s’ancre dans une actualité brûlante. Dans un contexte de crise aiguë du système représentatif, nous retenons du mouvement des Gilets jaunes cette aspiration très forte à conquérir d’autres pouvoirs que le simple droit de mettre un bulletin dans l’urne. La démocratie comme but et moyen pour s’émanciper, Cerises interroge les contradictions du mouvement actuel.

 

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