La Sociedad del semáforo, Rubén Mendoza

Sortie cinéma du 12 juin 2013. À Bogota en Colombie, Raúl tente d’intégrer une communauté d’individus vivant d’activités économiques autour d’un feu de signalisation. Jongleurs, vendeurs, laveurs de vitres, etc. vendent leurs services aux automobilistes momentanément arrêtés. Génial bricoleur de circuits électroniques, Raúl propose d’intervenir pour que le feu rouge dure beaucoup plus longtemps.

 

La Sociedad del semáforo de Rubén Mendoza © DíaFragma La Sociedad del semáforo de Rubén Mendoza © DíaFragma

Sans aucun doute, à partir de son titre comme en témoigne tout son film, le cinéaste colombien Rubén Mendoza a choisi pour son premier long métrage de parler de ces individus que la société du culte de la croissance illimitée et du progrès permanent a exclu de son monde, les reléguant en marge. Mais de la marge ils viennent en un point de la circulation pour se rendre visible et se faire connaître de ceux qui ont un pouvoir économique certain. On pourrait les appeler à juste titre « los olvidados » comme en son temps le faisait Luis Buñuel à Mexico avec un similaire trait sans concession de la peinture humaine. La débrouillardise, la créativité de chacun des personnages de ce film retient l’attention et leur confère une humanité que n’ont plus ces êtres derrière les vitres et les carrosseries de leur véhicule dans le même film. Rubén Mendoza va filmer la vie là où elle se trouve, la où la créativité sociale, technique et artistique est une nécessité vitale du quotidien. Puisque l’ordre du monde a été établi en dehors de l’avis de cette communauté du feu rouge (il est difficile de croire vraiment que celle-ci ait l’opportunité de participer au processus démocratique de leur pays et encore moins du monde), il est aisé de penser à l’anarchie comme échappatoire, comme le laissent supposer les fantasmes autour dudit feu rouge.

De l’énergie qui se dégage de l’ensemble du film comme du choix très personnel du sujet, Rubén Mendoza apparaît comme un digne héritier de Luis Ospina, génial créateur de formes cinématographiques, penseur et figure majeure du cinéma colombien depuis plus de quarante ans (à voir et revoir entre autres : Agarrando pueblo, 1978 et Un tigre de papel, 2007). Même si le film souffre de quelques longueurs, Rubén Mendoza est à tout point de vue un cinéaste prometteur, qui a une vision précise de l’image cinématographique, de la mise en scène travaillée à partir du réel (choix de lieux non artificiels et acteurs non professionnels) et un regard éclairé sur la société qu’il côtoie. Il en découle un film aux multiples métaphores politiques même si le réalisateur s’en défend. Rien de gratuit, rien d’anodin, aucune esbroufe à se présenter sous l’identité de cinéaste dès ce premier long métrage : juste la sincérité d’un propos qui lui tient à cœur.

 

 

La Sociedad del semáforo – La Communauté du feu rouge Rubén Mendoza

105 minutes. Colombie – Espagne – France - Allemagne, 2010.

Avec : Alexis Zúñiga (Raúl Tréllez), Abelardo Jaimes (Cienfuegos), Gala Bernal (Victoria), Romelia Cajiao (Eulalia), Héctor Ramírez (Aníbal)

 

Scénario : Rubén Mendoza

Images : Juan Carlos Gil

Montage : Luis Ospina, Jonathan Palomar, Rubén Mendoza

1er assistant réalisateur : Jacques Toulemonde

Musique : Edson Velandia

Son : César Salazar

Directeur artistique : Oscar Navarro

Costumes : Ana María Acosta

Production : DíaFragma (Colombie)

Coproduction : Laberinto Cine (Colombie), Ciné-Sud Promotion (France), El Baile Films (Espagne), Dagstar Film (Allemagne)

Producteurs : Daniel Garcia, Diana Camargo B., Rubén Mendoza

Coproducteurs : Allessandro Angulo B. (Laberinto Cine), Thierry Lenouvel (Ciné-Sud Promotion), Enrique Gabriel et Lina C. Echeverry (El Baile Films), Dagmar Niehage et Michael Aust (Dagstar Film)

Producteurs associés : Gonzalo Castellanos, Mauricio Aristizábal, Nicolás Méndez

Directeur de production : Daniel Garcia

 

Contact :

Distributeur

Ciné Sud Promotion

5, rue de Charonne

75011 Paris

Tél : +33 1 44 54 54 77

Fax : +33 1 44 54 05 02

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