Argentine, terre de cinéma et de premiers films à la Semaine de la Critique

Lundi 22 avril 2013, à 16h00 précise, la sélection des films de la 52e édition de la Semaine de la Critique à Cannes était officiellement annoncée. La règle de cette section parallèle cannoise est très simple : une sélection de sept longs métrages en compétition officielle, ni plus ni moins, avec comme critère d’être des premiers ou des deuxièmes films de leurs réalisateurs. Autrement dit et pour reprendre les mots de l’ancien délégué général Jean-Christophe Berjon interviewé à l’époque, la Semaine de la Critique joue le rôle de « pouponnière » de jeunes talents du cinéma international. Ainsi, nombreux sont les cinéastes à avoir commencé à la Semaine et poursuivre leur chemin par exemple en compétition officielle de Cannes. Cette logique même contribue à un incessant renouvellement de la programmation : pas d’habitués ici en compétition, mais nécessairement de la nouveauté, et pas seulement issue de la nouvelle génération, la jeunesse et la naissance d’un cinéaste arrivant à tout âge.

Los Dueños de Ezequiel Radusky et Agustín Toscano © Rizoma Los Dueños de Ezequiel Radusky et Agustín Toscano © Rizoma

Les présentations étant faites, place à l’objet de notre préoccupation : le cinéma latino-américain en longs métrages. À cet égard, il s’agit d’un film argentin réalisé par Agustín Toscano et Ezequiel Radusky et intitulé Los Dueños. En 2012 également le même continent était déjà représenté par le même pays avec Los Salvajes d’Alejandro Fadel, de même encore qu’en 2011 avec Las Acacias de Pablo Giorgelli (Caméra d’Or 2011 du Meilleur premier long métrage). À l’instar de la sélection officielle du Festival de Cannes qui mise en particulier sur le Mexique en ayant au moins un cinéaste mexicain chaque année (Carlos Reygadas et Michel Franco en 2012, Gerardo Naranjo en 2011, Alejandro González Iñarritu en 2010), la Semaine de la Critique affirme ainsi plus ou moins malgré elle que le cinéma argentin est une pépinière où se développe la nouvelle génération de cinéastes. Mais à la différence de Los Salvajes qui était une production indépendante sous soutien de l’État, tourné avec des acteurs non professionnels avec de grands partis pris esthétiques, Los Dueños semble d’un tout autre genre, annoncé comme une comédie sociale rurale sous forme de vaudeville. Leur projet avait quelques années plus tôt gagné le concours organisé par l’INCAA (Institut National du Cinéma et des Arts Audiovisuels) pour soutenir le développement des premiers films : cette aide est un apport conséquent financier sur le coût total de la réalisation du film.

Né à un mois d’intervalle en 1981, les deux réalisateurs sont tous deux originaires de la province de Tucumán en Argentine, où le tournage a été réalisé. Tous deux se sont fait connaître dans le théâtre en tant qu’acteurs et metteurs en scène avant de se lancer dans le cinéma. Le film bénéficie d’une valeur notable, étant produit par Rizoma, société de production argentine qui depuis plus de dix ans maintenant soutient toute une nouvelle génération de cinéastes. Notons à leur actif la production des films suivants : Whisky de Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll, Medianeras de Gustavo Taretto, Amorosa Soledad, de Martín Carranza et Victoria Galardi, El Custodio de Rodrigo Moreno, Gigante de Adrián Biniez.

Suite au prochain épisode cannois avec les sélections de la Quinzaine et de l'ACID qui mettront en avant d'autres contrées inexplorées ou explorées sous de nouveaux angles !

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