Sélection cannoise 2013: un certain cinéma mexicain à l'honneur

La sélection officielle du 66e festival de Cannes a été annoncé ce jeudi 18 avril 2013. C’est le premier temps fort en attendant les sélections de la Semaine de la Critique le lundi 22 avril, de la Quinzaine des Réalisateurs le mardi 23 avril et de l’ACID le mercredi 24 avril.

La sélection officielle du 66e festival de Cannes a été annoncé ce jeudi 18 avril 2013. C’est le premier temps fort en attendant les sélections de la Semaine de la Critique le lundi 22 avril, de la Quinzaine des Réalisateurs le mardi 23 avril et de l’ACID le mercredi 24 avril.

Sur les 47 longs métrages annoncés aujourd’hui toutes sections confondues (Compétition, Hors Compétition, Un Certain Regard et séances spéciales), on note la présence de seulement 2 films issus d’Amérique latine. Cela fait bien peu pour tout un continent cinématographique, d’autant plus que les deux films sont des productions d’un même pays : le Mexique. Si l’on regrette beaucoup les absents, force est de constater que ce choix de la sélection officielle ne fait qu’appuyer la consécration du cinéma mexicain : à lui tout seul, il pourra jouer les ambassadeurs de tout un continent ! Mais quel est ce cinéma mexicain ?

Heli © Mantarraya Heli © Mantarraya

Tout d’abord, Heli, d’Amat Escalante, en sélection officielle qui concourt pour la Palme d’Or 2013, un an après Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas, qui avait alors obtenu le Prix de la Mise en Scène. Le festival de Cannes a fidèlement suivi le travail d’Amat Escalante puisque que ses deux premiers films ont été sélectionnés dans Un Certain Regard : Sangre en 2005 (Prix FIPRESCI) et Los Bastardos en 2008. Qui plus est, la filiation est importante avec Carlos Reygadas, son prédécesseur en sélection officielle, puisque Amat Escalante fut son assistant réalisateur et que les deux cinéastes ont en commun une même société de production, fer de lance des plus prestigieux films mexicains des années 2000 : Mantarraya.

La Jaula de oro © Machete Prod. La Jaula de oro © Machete Prod.

De l’autre côté, La Jaula de oro, de Diego Quemada-Diez, en sélection Un Certain Regard, qui concourt à la Caméra d’Or, puisqu’il s’agit d’un premier long métrage. En 2010, le film avait été sélectionné sous forme de projet par la sixième édition de l’Atelier de la Cinéfondation. Là aussi, on sent un lien de continuité du festival de Cannes à suivre ainsi un cinéaste. L’enjeu pour Diego Quemada-Diez est distinct puisqu’en participant aux festivités cannoises pour la réalisation de son premier long métrage, c'est la reconnaissance du milieu de l'industrie cinématographique à l'égard d'un cinéaste naissant qui est attendue. Malgré tout, son expérience dans le cinéma date de plus de vingt ans en tant que cadreur sur les films de Ken Loach, Oliver Stone, Alejandro González Iñarritu, Spike Lee, Fernando Meirelles. La Jaula de oro est en outre porté par une nouvelle société de production en pleine effervescence depuis la Caméra d’Or à Cannes en 2010 pour Année bissextile (sa première production) : Machete Producciones.

Ce sont donc là deux films mexicains aux parcours et aux identités bien distinctes, mais qui ont en commun de s’intéresser à la réalité contemporaine mexicaine. Cela passe par la violence causée par les narcotrafiquants pour Heli, à la migration en Amérique centrale (du Guatemala aux États-Unis, et en passant donc par le Mexique) pour La Jaula de oro. Ce sont là deux phénomènes de société qui dépasse le simple fait divers au Mexique : c’est une réalité qui a cours depuis plusieurs années au Mexique, et qui se traduit plutôt par un cauchemar permanent, qu’une vie rêvée. Le cinéma est là aussi pour en témoigner et ces cinéastes s’en font l’écho.

Cédric Lépine

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