Le « Café » de Hatuey Viveros Lavielle : un moment de partage familial

Dans une communauté nahuatl dans les montagnes de Puebla au Mexique, la caméra de Hatuey Viveros Lavielle suit le quotidien d’une famille, dans ses choix cruciaux comme les plus anodins. Jorge, le fils de la famille, vient de terminer ses études de droit et réfléchit à son avenir professionnel.

 

cafe22-2799-2211 © Aldea Cine cafe22-2799-2211 © Aldea Cine

 

Programmation Festival Viseur à Paris : Café de Hatuey Viveros Lavielle 

Dans une communauté nahuatl dans les montagnes de Puebla au Mexique, la caméra de Hatuey Viveros Lavielle suit le quotidien d’une famille, dans ses choix cruciaux comme les plus anodins. Jorge, le fils de la famille, vient de terminer ses études de droit et réfléchit à son avenir professionnel. C’est lui que la caméra du cinéaste suit particulièrement dans un documentaire où l’on ne trouvera aucun regard caméra, réinterrogeant ainsi la frontière fiction-documentaire. Car le film est construit avec une grande intelligence des cadres, des positions étudiées de la caméra à l’opposé du cinéma vérité où tout serait mouvement pour capter la prétendue vérité de l’instant. Cela signifie que le réalisateur a pris le temps de connaître la famille dans laquelle il a pris une place. Dans ces partis pris, on est proche de ceux qu’a opéré Pedro González Rubio pour Alamar. Ainsi, le scénario est signé à quatre mains entre le réalisateur et Monika Revilla experte en écriture de documentaires. On est ainsi invité en tant que spectateur à s’asseoir à la table de cette famille pour partager leurs préoccupations quotidiennes. Hatuey Viveros Lavielle a su véritablement trouver la meilleure place à sa caméra puisque l’on suit en tant que spectateur cette histoire comme si on faisait partie de ladite famille. La temporalité du récit est courte mais permet de concentrer les divers enjeux du moment, entre l’avenir des jeunes dans la famille et cette communauté nahuatl, les liens transversaux et interactifs entre tradition et modernité, la place des communautés indiennes dans la société mexicaine à travers l’application du respect de leurs droits qui n’est pas toujours bien protégé, etc. Autour d’une tasse de café, les membres de la famille se réunissent et les langues se délient : tel est l’excellent choix du cinéaste de faire du café un prétexte à rencontres, des individus entre eux et d’un spectateur avec des histoires de vie. Pour son deuxième long métrage après la fiction Mi universo en minúsculas, Hatuey Viveros Lavielle réussit ici une brillante synthèse entre cinéma documentaire, de fiction et anthropologique. Il offre par ailleurs une expérience comme aucune autre : rencontrer une famille, toucher de près ce qui les lie sans pour autant la transformer par son point de vue extérieur. Un Café inoubliable dont l’amertume de la vie évoquée trouve comme contre-point une volonté indéracinable de cohésion et de solidarité sociale.

 

 

 

Café

de Hatuey Viveros Lavielle

Documentaire

80 minutes. Mexique, 2014.

Couleur

Langues originales : nahuatl, espagnol

scénario : Monika Revilla, Hatuey Viveros Lavielle

images : Hatuey Viveros Lavielle

son : Axel Muñoz Barba

montage : Pedro G. García

Production : Aldea Cine, FOPROCINE

Producteurs : Carlos Hernández Vázquez, Hatuey Viveros Lavielle

 

Contact

Hatuey Viveros Lavielle

Móvil: (52-55) 3906 8498

hatueyviveros@hotmail.com

 

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