Billet de blog 2 déc. 2015

Le « Café » de Hatuey Viveros Lavielle : un moment de partage familial

Dans une communauté nahuatl dans les montagnes de Puebla au Mexique, la caméra de Hatuey Viveros Lavielle suit le quotidien d’une famille, dans ses choix cruciaux comme les plus anodins. Jorge, le fils de la famille, vient de terminer ses études de droit et réfléchit à son avenir professionnel.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

cafe22-2799-2211 © Aldea Cine

Programmation Festival Viseur à Paris : Café de Hatuey Viveros Lavielle 

Dans une communauté nahuatl dans les montagnes de Puebla au Mexique, la caméra de Hatuey Viveros Lavielle suit le quotidien d’une famille, dans ses choix cruciaux comme les plus anodins. Jorge, le fils de la famille, vient de terminer ses études de droit et réfléchit à son avenir professionnel. C’est lui que la caméra du cinéaste suit particulièrement dans un documentaire où l’on ne trouvera aucun regard caméra, réinterrogeant ainsi la frontière fiction-documentaire. Car le film est construit avec une grande intelligence des cadres, des positions étudiées de la caméra à l’opposé du cinéma vérité où tout serait mouvement pour capter la prétendue vérité de l’instant. Cela signifie que le réalisateur a pris le temps de connaître la famille dans laquelle il a pris une place. Dans ces partis pris, on est proche de ceux qu’a opéré Pedro González Rubio pour Alamar. Ainsi, le scénario est signé à quatre mains entre le réalisateur et Monika Revilla experte en écriture de documentaires. On est ainsi invité en tant que spectateur à s’asseoir à la table de cette famille pour partager leurs préoccupations quotidiennes. Hatuey Viveros Lavielle a su véritablement trouver la meilleure place à sa caméra puisque l’on suit en tant que spectateur cette histoire comme si on faisait partie de ladite famille. La temporalité du récit est courte mais permet de concentrer les divers enjeux du moment, entre l’avenir des jeunes dans la famille et cette communauté nahuatl, les liens transversaux et interactifs entre tradition et modernité, la place des communautés indiennes dans la société mexicaine à travers l’application du respect de leurs droits qui n’est pas toujours bien protégé, etc. Autour d’une tasse de café, les membres de la famille se réunissent et les langues se délient : tel est l’excellent choix du cinéaste de faire du café un prétexte à rencontres, des individus entre eux et d’un spectateur avec des histoires de vie. Pour son deuxième long métrage après la fiction Mi universo en minúsculas, Hatuey Viveros Lavielle réussit ici une brillante synthèse entre cinéma documentaire, de fiction et anthropologique. Il offre par ailleurs une expérience comme aucune autre : rencontrer une famille, toucher de près ce qui les lie sans pour autant la transformer par son point de vue extérieur. Un Café inoubliable dont l’amertume de la vie évoquée trouve comme contre-point une volonté indéracinable de cohésion et de solidarité sociale.

Café

de Hatuey Viveros Lavielle

Documentaire

80 minutes. Mexique, 2014.

Couleur

Langues originales : nahuatl, espagnol

scénario : Monika Revilla, Hatuey Viveros Lavielle

images : Hatuey Viveros Lavielle

son : Axel Muñoz Barba

montage : Pedro G. García

Production : Aldea Cine, FOPROCINE

Producteurs : Carlos Hernández Vázquez, Hatuey Viveros Lavielle

Contact

Hatuey Viveros Lavielle

Móvil: (52-55) 3906 8498

hatueyviveros@hotmail.com

Instituto Mexicano de Cinematografía (IMCINE)

Promoción internacional / Promoción nacional Insurgentes

Sur 674 Colonia Del Valle

CP 03100, Benito Juárez, Distrito Federal

Tels.: (52-55) 5448 5339, 5448 5347

internacional@imcine.gob.mx, dirprom@imcine.gob.mx www.imcine.gob.mx

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Clinea, la psychiatrie très lucrative façon Orpea
Les cliniques psychiatriques Clinea sont la filiale la plus rentable d’Orpea. Elles profitent des largesses de l’assurance-maladie, tout en facturant un « confort hôtelier » hors de prix à leurs patients. Pour les soins et le management, le modèle est un copié-collé du groupe.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Gouvernement
Le malentendu Pap Ndiaye
Insulté par l’extrême droite et critiqué par certains partisans de Macron, le ministre de l’éducation nationale est en réalité un modéré, loin des caricatures indigénistes et des procès en wokisme. Mais, entouré de proches de Jean-Michel Blanquer et du président, Pap Ndiaye aura du mal à s’imposer.
par Joseph Confavreux et Ellen Salvi
Journal
Législatives : comment le RN cible le rassemblement des gauches
Mediapart a pu consulter les documents fournis aux candidats du parti d’extrême droite pour les législatives. Ils montrent que le parti fait manifestement peu confiance à ses troupes sur le terrain. Ils s'en prennent à la coalition de gauche Nupes, rebaptisée « extrême gauche pro-islamiste ».
par Lucie Delaporte
Journal
Le travail sexuel, angle mort de la Nupes pour les législatives
Le sujet n'a jamais fait consensus à gauche. Le programme de la Nupes est marqué par les positions abolitionnistes, majoritaires dans les partis. Plusieurs acteurs de terrain s'insurgent. 
par James Gregoire

La sélection du Club

Billet de blog
Mineur·es en danger à la rue, il est urgent de les protéger !
« Les droits de l’enfant ne se discutent pas, encore moins au profit d’affichages politiciens de “lutte contre l’immigration”. » Face au nombre croissant d’enfants migrants en grand danger faute de prise en charge, une soixantaine d'associations locales de terrain et d'organisations nationales tirent la sonnette d’alarme. Ils demandent que « la présomption de minorité soit inscrite explicitement dans la loi. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Faire de l’hospitalité un droit fondamental
Dans un livre qui fera date, la juriste Marie Laure Morin propose de faire de l’hospitalité un droit fondamental afin de construire un droit des migrations qui rompe, enfin, avec des législations répressives qui violent les droits humains et menacent l’État de droit. J’ai volontiers accepté d’en écrire la préface.
par Edwy Plenel
Billet de blog
Accès au droit des étrangers : régularisons l’administration !
Des élus de la République, des responsables associatifs, des professionnels du droit et autorités administratives intervenant dans le 20e arrondissement, et à Paris, sonnent la sonnette d'alarme. La prise de rendez-vous dématérialisée auprès des préfectures en vue de déposer des demandes de titres de séjour est devenue quasi impossible. « La déshumanisation et le dévoiement des services publics sont à leur comble ! » 
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
A quoi sommes-nous sensibles ?
La mort des non Occidentaux semble invisible. Qu’ils soient Syriens, Afghans, Nord Africains, du Moyen Orient, d’Asie... Ils sont comme fantomatiques, presque coupables d’effleurer notre champ de vision.
par Bruno Lonchampt