"Mains criminelles" un film de Roberto Gavaldón

Le professeur Karin conseille ses clientes en mal d’amour en lisant dans sa boule de cristal. Quand Clara, la femme qui partage sa vie, lui apprend la responsabilité d’une jeune veuve dans la mort de son riche époux, Karin songe aux millions qu’il pourrait obtenir en faisant du chantage.

"Mains criminelles" (En la palma de tu mano) de Roberto Gavaldón © Les Films du Camélia "Mains criminelles" (En la palma de tu mano) de Roberto Gavaldón © Les Films du Camélia
Festival International du film de La Rochelle 2021 : Mains criminelles de Roberto Gavaldón

José Revueltas, le scénariste régulier de Roberto Gavaldón, ne cache pas ses inspirations marxistes pour décrire à travers le film noir la déchéance de l’humanité autour d’une jeune veuve sans scrupules pour obtenir la richesse et des hommes dont la vénalité et l’attirance sexuelle les conduisent à perdre toute intégrité. Telles sont les destinées fatales des personnages de Mains criminelles (En la palma de tu mano). Le film s’inscrit pleinement dans la fidélité des codes du film noir avec l’opposition entre la séduisante femme brune machiavélique et l’innocente blonde entre lesquelles l’attirance d’un homme d’âge mur vacille. Ce sont bien les personnes de pouvoir prêtes à commettre des crimes pour bénéficier de toujours plus de privilèges qui sont ici visées. Le film débute d’ailleurs avec la présentation des grands progrès techniques et scientifiques depuis le début du XXe siècle qui aboutissent à l’horreur de la destruction nucléaire : c’est bien cette hybris de la toute puissance qui est ainsi dénoncée dans ce film laissant peu d’issue à l’humanité où même les innocents sont touchés par la mort.

Le chef opérateur Alex Phillips use de l’esthétique expressionniste avec des profondeurs de champ, des plongées et contre-plongées pour construire un cadre extrêmement inquiétant où les personnages plongent irrémédiablement dans le chaos d’un monde incertain. La guerre froide est présente en arrière-plan du film avec notamment le fils d’une innocente mère analphabète sans le sou qui meurt avec les armes en Corée. Le film est sans conteste l’un des plus sombres de la mini rétrospective Roberto Gavaldón présentée au festival de La Rochelle.

 

Mains criminelles
En la palma de tu mano
de Roberto Gavaldón
Fiction
113 minutes. Mexique, 1951.
Noir & Blanc
Langue originale : espagnol

Avec : Arturo de Córdova (le professeur Jaime Karin), Leticia Palma (Ada Cisneros de Romano), Ramón Gay (León Romano), Carmen Montejo (Clara Stein), Consuelo Guerrero de Luna (Señorita Arnold), Enriqueta Reza (Carmelita), Manuel Arvide (l’inspecteur de police), Bertha Lehar (Señora del Valle), Lonka Becker (la patronne du restaurant), José Arratia (le notaire), Nicolás Rodríguez (l’avocat), Guillermo Ramírez (le policier), Ignacio García (l’organiste)

Scénario : Roberto Gavaldón et José Revueltas d’après une histoire de Luis Spota
Images : Alex Phillips
Montage : Charles L. Kimball
Musique : Raúl Lavista
Son : James L. Fields
Assistant réalisateur : Ignacio Villareal
Décors : Francisco Marco Chillet
Effets spéciaux : Jorge Benavides 
Maquillage : Concepción Zamora
Coiffure : José Jurado
Scripte : Humberto Gavaldón
Production : Clasa Films Mundiales
Producteurs : Óscar J. Brooks, Felipe Mier 
Producteur exécutif : Ernesto Enríquez
Distributeur (France) : Les Films du Camélia

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