Billet de blog 5 oct. 2021

Biarritz 2021 : "Candela" un film d’Andrés Farías Cintrón

Autour du meurtre d’un jeune poète, trois pans de la société dominicaine à Saint-Domingue : une riche héritière, un policier perdu et un drag queen.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
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"Candela" d’Andrés Farías Cintrón © Monte y Culebra

Film de la compétition long métrage fiction de la 30e édition du Festival Biarritz Amérique Latine 2021 : Candela d’Andrés Farías Cintrón

Ce Prix du Jury décerné lors de la 30e édition du Festival de Biarritz Amérique latine est un premier long métrage d’une très grande densité d’intensions et d’expérimentation de formes. Trois récits figurent ici en un même film avec en toile de fond la représentation d’une société dominicaine divisée par la violence classiste, la corruption des institutions et la xénophobie à l’égard des Haïtiens. Cette structure de récit en trilogie rappelle la proposition initiée deux décennies plus tôt dans Amours chiennes (Amores perros, 2001) d’Alejandro González Iñárritu d’après un scénario de Guillermo Arriaga. On sent dans Candela la volonté assez ambitieuse d’appréhender la réalité sociale fracturée de Saint-Domingue en invitant qui plus est l’âme de l’île autour d’un fantôme des plus étranges dans la tradition du réalisme magique : celui-ci apparaît en effet dans un cadre des plus réalistes et n’aura d’impact direct que sur le policier Pérez avec le sous-entendu que s’y opposer c’est s’attaquer à soi-même comme s’il s’agissait de l’esprit de tous les insulaires dominicains.

Ici, Andrés Farías Cintrón adapte pour le cinéma le roman éponyme de Rey Emmanuel Andújar avec une mise en scène qui se consacre à décrire le cadre mental et psychologique dans lequel évolue chaque personnage. Ainsi la jeune femme héritière est entourée de couleurs au néon, plongée dans une artificialité qui lui fait perdre contact avec l’humanité et la spontanéité des relations. Cette grande attention accordée à la mise en scène pour donner une réelle densité aux trois personnages principaux importe ici plus que le récit lui-même dans lequel le serviteur apparaît au bout du compte comme le grand maître du récit.

Candela
d’Andrés Farías Cintrón
Fiction
88 minutes. République dominicaine, France, 2021.
Couleur
Langue originale : espagnol

Avec : Sarah Jorge León (Sera), Félix Germán (Pérez), Cesar Domínguez (Lubrini), Jose Cruz (Cobrador), Richarson Díaz (Renato), Ruth Emeterio (Morena), Gerardo Mercedes (Don Polín), Katherine Montes (la réceptionniste), Omar Patin (le capitaine), Judith Rodriguez Perez (Yajaira), Pepe Sierra (Forense), Marcos Sánchez, Mario Cersósimo, Cindy Galán
Scénario : Laura Conyedo Barral, Andrés Farías Cintrón, d’après le livre de Rey Andújar
Images : Saurabh Monga
Montage : Juanjo Cid 
Musique : Jorge Aragón, Ezel Feliz
Son : Marcos Salaverría
Décors : Giselle Madera
Costumes : Natalia Aponte
Maquillage : Ana María Andrickson
Scripte : Daniela López-Monteiro
Casting : Grace de Leon, Miguel Fernandez
Production : Monte y Culebra
Coproduction : Vertical Production
Producteur : Pablo Lozano
Contact du producteur Monte y Culebra : pablo@monteyculebra.com

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