Billet de blog 7 déc. 2021

La Havane 2021 : "Ana. Sem título" de Lúcia Murat

Stela, une jeune actrice brésilienne, entreprend un voyage à Cuba, au Mexique, au Chili et en Argentine pour interroger les rapports entre activismes artistique et politique en Amérique latine dans les années 1970-80.

Cédric Lépine
Critique de cinéma, essais littéraires, littérature jeunesse, sujets de société et environnementaux
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Film de la compétition long métrage de fiction de la 42e édition du Festival International du Nouveau Cinéma Latino-Américain de La Havane 2021 : Ana. Sem título de Lúcia Murat

Sous la forme d’un documentaire, Lúcia Murat met en scène une fiction librement inspirée de la pièce de théâtre Há mais futuro que passado de Clarisse Zarvos, Daniele Avila Small et Mariana Barcelos. Elle propose ainsi un road movie qui la conduit à parcourir cinq pays d’Amérique latine à la recherche de témoignages d’une artiste engagée dans les années 1970-80, Ana. Ce personnage fictionnel est un prétexte pour rencontrer de véritables personnages engagés durant les années sanglantes des dictatures en les interrogeant notamment sur la place des femmes dans l’activisme poético-politique. Si les contextes sont distincts d’un pays à l’autre, Lúcia Murat qui a été touchée de front par la dictature au Brésil avec trois années d’emprisonnement, souhaite avec ce film créer des ponts entre les pays et porter un élément proprement latino aux causes et valeurs défendues.

"Ana. Sem título" de Lúcia Murat © Taiga Filmes

Si le docu-fiction est un genre qui permet de réunir les avantages de la fiction et ceux du documentaire, la réalisation est ici peu inventive. Celle-ci se contente hélas d’entretiens filmés face caméra et de visites succinctes et rapides des différents pays, ce qui ne permet pas de saisir leur réalité sociale profonde en dehors de quelques mots échangés dans les témoignages enregistrés.

En revanche, l’image est particulièrement soignée et les interventions sont assez impliquées vis-à-vis des questions posées.

Ana. Sem título
de Lúcia Murat
Docu-fiction
110 minutes. Brésil, 2020.
Couleur
Langues originales : espagnol, portugais

Avec : Stella Rabello (Stela), Felipe Rocha (comédien de théâtre), Renato Linhares (comédien de théâtre), Lucas Canavarro (comédien de théâtre), Roberta Estrela D'Alva (comédienne de théâtre), Waldo Franco (Jorge), Mirta Busnelli (actrice argentine), María Fiorentino (Ana), Mauricio García Lozano, Concepción Márquez
Scénario : Tatiana Salem Levy, Lúcia Murat, librement inspiré de Há mais futuro que passado
Images : Leo Bittencourt
Montage : Marih Oliveira, Mair Tavares
Musique : Livio Trachtenberg
Son direct : Andressa Clain Neves
Mixage : Emmanuel Croset
Assistante réalisatrice : Ludmila Curi
Production : Taiga Filmes
Productrices : Lúcia Murat, Felicitas Raffo

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