"Les Sorcières d'Akelarre" un film de Pablo Agüero

En 1609 au Pays Basque, des jeunes filles sont violemment arrêtées par le juge Pierre de Rosteguy de Lancre missionné par le roi. Condamnées pour sorcellerie, elles savent qu’elles ne pourront éviter le bûcher quels que soient leurs aveux.

"Les Sorcières d'Akelarre" un film de Pablo Agüero © Sophie Dulac Distribution "Les Sorcières d'Akelarre" un film de Pablo Agüero © Sophie Dulac Distribution
Festival International du film de La Rochelle 2021 : Les Sorcières d'Akelarre de Pablo Agüero

En situant la dénonciation du féminicide autour de la chasse aux sorcières au début du XVIIe siècle dans le pays basque espagnol, le réalisateur argentin poursuit sa réflexion politique sur la condamnation du corps des femmes dans l’espace public à l’œuvre déjà dans Eva ne dort (Eva no duerme, 2015) en élargissant son propos dans un cadre universel et atemporel. Ainsi, l’affirmation de ces femmes condamnées à la mort pour sorcellerie, s’enracine pleinement dans le mouvement féministe contemporain où être sorcière devient un symbole politique fort pour revendiquer la lutte contre l’oppression patriarcale. La reconstitution historique, même si le film est une libre adaptation de la vie réelle du juge Pierre de Rosteguy de Lancre, importe moins ici que la réflexion sur l’exercice contemporain de l’obscurantisme au pouvoir, qu’il s’agisse des rapports interindividuels comme à la tête d’un gouvernement.
Reprenant le parti pris de mise en scène théâtral d’Eva ne dort pas, Pablo Agüero construit un récit reposant sur la confrontation antagonique de deux visions de l’humanité mais en se permettant des échappées lyriques où les prisonnières jugées coupables avant même de comparaître devant un juge, témoignent de la modernité de femmes libres face aux hommes étouffant dans le costume étriqué de leur fonction. Autour de ce féminicide émanant autant du pouvoir religieux que du pouvoir royal, les deux d’ailleurs se confondant au XVIIe siècle en France comme en Espagne, on voit également à l’œuvre l’expression libre de la culture basque à travers l’usage de sa langue qui est condamné par le centralisme politique détruisant la diversité des expressions culturelles. Ainsi, féminicide et ethnocide sont extrêmement liés car ce qui est alors reproché aux femmes c’est d’être créatrice de leur propre identité autour notamment de chants, de danses et d’une langue qui n’est pas celle des hommes au pouvoir.

 

 

Les Sorcières d'Akelarre
Akelarre
de Pablo Agüero

Fiction
90 minutes. Espagne, Argentine, France, 2020.
Noir & Blanc
Langues originales : espagnol, basque

 

Avec : Amaia Aberasturi (Ana), Àlex Brendemühl (Pierre de Rosteguy de Lancre), Daniel Fanego (le conseiller), Garazi Urkola (Katalin), Yune Nogueiras (María), Jone Laspiur (Maider), Irati Saez de Urabain (Olaia), Oneka (Lorea Ibarra) Asier Oruesagasti (le Père Cristobal), Elena Uriz (Madame de Lara)

Scénario : Pablo Agüero et Katell Guillou
Images : Javier Agirre
Montage : Teresa Font
Musique : Maite Arrotajauregi et Aránzazu Calleja
Son : Urko Garai Erdosia
Costumes : Nerea Torrijos
Maquillage : Beata Wotjowicz
Coiffure : Ricardo Molina
Chef décorateur : Mikel Serrano
Montage son : Josefina Rodriguez, Frédéric Hamelin
Directrice de production : Guadalupe Balaguer Trelles
Casting : Txabe Atxa, Flor González
1ère assistante du réalisateur : Sara Mazkiarán
Effets spéciaux : Mariano García Marty, Ana Rubio
Production : Sorgin Films, Kowalski Films, Lamia Producciones, Tita Productions, La Fidèle Production
Coproduction : El Campo Cine
Producteurs : Koldo Zuazua, Iker Ganuza, Fred Prémel
Coproducteurs : Jokin Etcheverria, Garazi Elorza, Nicolás Avruj, Diego Lerman
Producteurs associés : Sonia Buchman, Nicolas R. de la Mothe, Anne Agüero
Distributeur (France) : Sophie Dulac Distribution
Sortie prévue (France) dans les salles : 25 août 2021

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