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Image et parole présente le 16 juillet 2024 au cinéma de L'Espace Saint-Michel à Paris en présence de la réalisatrice : Familia sumergida de María Alché
Au moment où sort en salles en France son second long métrage qu'elle a coréalisé avec Benjamín Naishtat, El Profesor (Puán, 2023), María Alché, révélée tout d'abord en tant qu'actrice dans La Niña santa (2004) de Lucrecia Martel et qui est depuis créditée au générique de plus de vingt films, viendra présenter le 16 juillet 2024 à Paris au cinéma de l'espace Saint Michel son premier long métrage Familia sumergida (2018).
Le thème d'une femme mariée dont un bouleversement de vie vient remettre en cause le prétendument confort bourgeois que lui offrait son inscription familiale fait écho aux problématiques analysées par Lucrecia Martel dans La Femme sans tête (La mujer sin cabeza, 2008). Cependant, là où Lucrecia Martel avait choisi la voie iconoclaste du thriller psychologique, María Alché poursuit un cheminement tout aussi inattendu et personnel en empruntant les ressorts du réalisme magique à la manière du romancier Gabriel García Márquez. D'ailleurs, il n'est pas anodin qu'à ce titre ce soient des livres anciens qui permettent à la protagoniste de sortir du quotidien des devoirs auxquels l'appellent son attache sociale. Cette rencontre inattendue avec un homme plombier, électricien féru de littérature semble peu à peu hors du commun et permet de sortir d'un quotidien tout tracé. D'autres apparitions des membres disparus de sa famille dès lors apparaissent rappelant à Marcela qu'elle est également le fruit des histoires plus ou moins tragiques des membres de la famille qui la précède et qu'ainsi elle doit jongler dans sa propre vie avec des histoires antérieures qu'elle n'a pas vécue et qu'elle doit plus ou moins inconsciemment résoudre.
Comme son aînée Lucrecia Martel, María Alché est particulièrement douée pour donner une véritable densité psychologique aux différents personnages qui entourent la protagoniste sans pour autant que ceux-ci la phagocyte par leur amplitude à faire interagir leur individualité. Il en résulte un ballet particulièrement chorégraphié par la caméra toujours aussi inspirante d'Hélène Louvart qui a su orchestrer l'appréhension subtile de la subjectivité de l'héroïne. Ainsi María Alché montre avec une mise en scène adaptée à quel point chaque lien familial entraîne, accompagne et conditionne un chemin de vie individuel au féminin pour mieux en imaginer l'émancipation possible.
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Familia sumergida
de María Alché
Fiction
90 minutes. Argentine, Norvège, Brésil, Allemagne, 2018.
Couleur
Langue originale : espagnol
Avec : Mercedes Morán (Marcela), Laura López Moyano (Carla), Federico Sack (Nahuel), Ia Arteta (Jimena), Marcelo Subiotto (Jorge), Laila Maltz (Luisa), Osqui Ferrero (Marito), Manuela Martínez Morán (Gaby), Franco Quercia (Brazu), Esteban Bigliardi (Nacho), Ana Rebeca Levkov (Blanca), Sara Poel (Cecilia), Pochi Ducasse (Fanny), Diego Velázquez (Daniel), Claudia Cantero (Paloma), Luiz Carlos Vasconcelos (Titán), Manuel Ramón Lago (le concierge de l'hôtel), Stella Maris Isoldi (Betty), Mario Aitel (le violiniste), Ricardo Coniglio (Mateo), Luis Kancepolsky (Pedro Schwartz), Vicente Correa (Lucas), Mara Bestelli (Irene), Javier Niklison (Pichi), Marina Glezer (Carol), Claudio Kustin, Maitina De Marco, Florencia Bernales, Quillen Mut Cantero, Renzo Cozza,
Scénario : María Alché
Images : Hélène Louvart
Montage : Lívia Serpa
Musique : Luciano Azzigotti
Costumes : Mercedes Arturo, Magda Banach
Maquillage : Marisa Amenta
Coiffure : Jorge Palacios
Designer sonore : Julia Huberman
Assistante réalisatrice : Victoria Comune
Décors : Mariela Rípodas
Production : Bárbara Francisco
Coproduction : Christoph Friedel, Tatiana Leite, Claudia Steffen
Production exécutive : Leo Ribeiro
Sociétés de production : Bubbles Project, Pandora Filmproduktion, Pasto, TVZero