"Je m’appelle Bagdad" un film de Caru Alves de Souza

Bagdad, 17 ans, fait partie d’un groupe de skateurs où elle est la seule fille à Freguesia do Ó, un quartier populaire de la ville de São Paulo. Elle est également bien entourée de sa mère et des femmes qui gravitent autour d’elle avec affection et solidarité.

"Je m’appelle Bagdad" (Meu nome é Bagdá) de Caru Alves de Souza © Wayna Pitch "Je m’appelle Bagdad" (Meu nome é Bagdá) de Caru Alves de Souza © Wayna Pitch
Sortie cinéma du 22 septembre 2021 : Je m’appelle Bagdad de Caru Alves de Souza 

Dans l’usage international et citadin du skateboard comme activité d’intégration et manifestement de force de groupe auprès des jeunes, il manquait au cinéma un point de vue féminin et politique conséquent. C’est enfin chose faite ici : après les regards masculins de Larry Clark et Gus Van Sant dont les films sont devenus culte, Caru Alves de Souza développe un sujet personnel autour de son héroïne éponyme Bagdad (Bagdá en portugais), qui devient une hôte de choix pour faire découvrir aux spectateurs à la fois son quartier, ses amis et sa famille dans une chronique sociale portée par son regard d’adolescente.

Le montage du film est particulièrement brillant pour mener ce récit subtil, capable d’identifier la place des femmes en société, dans les espaces domestique et public. Entre la sororité touchante de la famille élargie de l’héroïne et la communauté initialement ouverte à l’égal d’une famille des skateurs, Bagdad navigue avec aisance en ne renonçant jamais à trouver sa place légitime malgré les remarques sexistes omniprésentes des hommes, qu’il s’agisse de ses amis, de clients enivrés du bar comme de policiers violemment misogynes.

La description de la cinéaste brésilienne dans cette chronique sociale est extrêmement fine et très bien portée par ses protagonistes, acteurs non professionnels mais artistes accomplis venus du monde su skateboard et de la musique entre autres espaces de création.

 

 

bagdad
Je m’appelle Bagdad
Meu nome é Bagdá
de Caru Alves de Souza
Fiction
98 minutes. Brésil, 2020.
Couleur
Langue originale : portugais

Avec : Grace Orsato (Bagdad), Karina Buhr (Micheline), Marie Maymone (Joseane), Helena Luz (Bia), William Costa (Deco)
Scénario : Caru Alves de Souza, Josefina Trotta
Images : Camila Cornelsen
Montage : Willem Dias
Musique : Will Robson
Son : André Bellentani, Felipe Burger Marques, Pedro Noizyman, Junior Nunes, Rosana Stefanoni
Décors : Marinês Mencio
Production : Manjericão Filmes, Tangerina Entretenimento
Productrices : Rafaella Costa, Caru Alves de Souza
Distributeur (France) : Wayna Pitch

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