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Cédric Lépine : Comment le scénario a-t-il été construit ?
Cecilia Andalón Delgadillo : Dolores est apparu pendant la pandémie, au sein de l'incertitude de ce qui allait advenir. Durant le confinement, j'ai commencé à écrire l'histoire de Dolores animée par mon époux, avec un collage d'éléments importants pour moi. Je souhaitais représenter la mexicanité à l'intérieur de mon œuvre comme un monde fantastique à la tonalité légèrement sombre.
C. L. : L'histoire repose-t-elle sur une légende ou une tradition locale au Mexique ?
C. A. D. : Non, pas précisément, même si les tombes représentées où la protagoniste se retrouve sont des références funéraires de l'époque préhispanique de l'ouest de Mexico.
Un moment significatif pour moi a été de tourner au Taller del Chucho qui se situe dans une zone funéraire où probablement sous terre se trouvent encore des squelettes humains.
C. L. : Qu'est-ce que représente pour vous les deux femmes squelettes ?
C. A. D. : Ces personnages féminins sont une sorte de momies et représentent les filles avec lesquelles Dolores se retrouve au début du court métrage. Autour du jeu, elles veulent que Dolores restent pour toujours avec elles.
C. L. : Pourquoi avoir choisi un tatou comme animal totémique protecteur pour la jeune protagoniste ?
C. A. D. : J'ai lu quelque part que le tatou était une déité qui représentait la mort au sein des cultures préhispaniques occidentales. En outre, il me paraissait que le tatou était parfait pour vivre dans l'obscurité, sous terre et que sa carapace pouvait le défendre d'un environnement hostile.
C. L. : Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans le cinéma en stop motion?
C. A. D. : Tout ce qui a à voir avec le visuel, la majeure partie des éléments que j'ai choisi dans Dolores, viennent d'un goût personnel. Je suis enchantée par la représentation du monde en miniature prenant vie grâce à l'animation.
C. L. : Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées dans la réalisation du film ?
C. A. D. : Trouver les moyens économiques pour le réaliser a été un travail très difficile réalisé avec les producteurs alors que cette animation nécessite beaucoup de temps et de personnes.
C. L. : Avez-vous des cinéastes qui vous ont inspiré ?
C. A. D. : J'adore Jan Svankmajer pour sa liberté créative et son ambition, Adam Elliot avec son film Mary and Max que j'ai vu de nombreuses fois avant de commencer à imaginer faire moi-même de l'animation.
En revanche, j'adore le cinéma mexicain, des films comme El Héroe (1994) de Carlos Carrera ou la fiction Veneno para hadas (1984) de Carlos Enrique Taboada et Parfum de violettes (Perfume de Violetas, 2001) de Maryse Sistach m'accompagnent depuis de nombreuses années.
C. L. : Combien de temps a-t-il fallu pour faire ce film ?
C. A. D. : Nous l'avons réalisé en deux ans, avec une équipe composée de personnes expérimentées dans leur domaine, dont beaucoup venaient de travailler sur le film Pinocchio de Guillermo del Toro, tandis qu'une autre partie faisait leurs premiers dans la stop-motion. Plus de 50 personnes ont participé au film.
C. L. : L'ensemble du court métrage a-t-il été réalisé à Guadalajara ?
C. A. D. : Oui, une partie de la préproduction a été réalisée chez moi et dans une université de l'UAD. La production s'est faite dans les locaux d'El Taller del Chucho, la post-production a été réalisée à l'université UNIVA et les enregistrements musicaux à l'ITESO.
C. L. : Quelle est la situation du cinéma d'animation actuellement au Mexique ?
C. A. D. : Sans aucun doute, elle est en pleine croissance, mais je pense que les capitaux privés doivent être plus conséquents pour qu'il y ait plus de possibilités offertes aux cinéastes.
Dolores
de Cecilia Andalón Delgadillo
Fiction
9 minutes. Mexique, 2024.
Couleur
Langue originale : espagnol
Avec les voix de : Emily Cecilia Echeverría Andalón, Karina Hurtado, Karina Hurtado
Scénario : Cecilia Andalón Delgadillo
Animation : Pablo Bedolla, Nabí Orozco, Dámaris Cervantes
Images : Gilberto Torres-Cañedo
Montage : Arturo Tornero Aceves
Musique : Enrique Vázquez Lozano, Luan Vázquez Rodríguez
Son : Juan José Rodríguez « Yoshi »
Direction artistique : Mario González
Production : Cecilia Andalón Delgadillo, Angelica Lares, Rafael Ruiz Espejo
Société de production :Taller del Chucho