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Film en compétition long métrage de la 36e édition du Festival Cinélatino, Rencontres de Toulouse 2024 : Memorias de un cuerpo que arde d'Antonella Sudasassi Furniss
Depuis deux décennies le cinéma costaricain trouve la plus force de son expression dans les mises en scènes de l'intime féminin proposées par des cinéastes à l'inspiration audacieuse. De Paz Fábrega (Agua fria, 2010), Alexandra Latishev (Medea, 2017), Sofía Quirós Ubeda (Ceniza negra, 2019), Nathalie Álvarez Mesen (Clara sola, 2021) à Valentina Maurel (Tengo sueños eléctricos, 2022), Antonella Sudasassi Furniss poursuit cette précieuse exploration des voix laissées trop longtemps sans voix où l'intime du féminin devient éminemment politique. La cinéaste propose pour son second long métrage un huis clos transgénérationnel où la dictature du patriarcat des décennies passées à travers la transmission du viol comme outil de déshumanisation et soumission de l'autre est au cœur des problématiques du film. Il en découle dès lors une mise en scène donnant chair à ces nombreuses voix anonymes documentaires qui forment le fil d'Ariane d'une maison aux arcanes labyrinthiques à partir du moment où la mémoire est sollicitée afin de se confronter au Minotaure de l'oppression féminine.
D'une démarche anthropologique recueillant la voix des femmes des générations de sa grand-mère, la cinéaste réactive la dynamique de Pasolini sur Enquête sur la sexualité (Comizi d'amore, 1964) au moment où la libération sexuelle est en cours en Italie, construisant méticuleusement une œuvre filmique qui s'affranchit des limites imposées par l'orthodoxie de la fiction et du documentaire. Ainsi, le hors champ ouvre le film pour générer la mise en abyme d'une réalité individuelle au présent traversée par les histoires qui animent chacun et chacune.
Antonella Sudasassi relève le défi d'une odyssée en huis clos où l'usage du plan séquence est le parti pris syntaxique qui permet d'abolir les barrières temporelles tout en créant une chorégraphie des souvenirs aussi bien que des objets qui peuplent un espace de vie. Cette écriture filmique réussit à convoquer la force suggestive de Lucrecia Martel et la mise en scène hypnotique de l'interrogation du temps d'Alexandre Sokourov.
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Memorias de un cuerpo que arde
d'Antonella Sudasassi Furniss
Fiction
90 minutes. Costa Rica, Espagne, 2024.
Couleur
Langue originale : espagnol
Avec : Sol Carballo (la femme), Paulina Bernini (la jeune femme), Juliana Filloy (la fille), Liliana Biamonte (la mère), Juan Luis Araya (l'époux), Gabriel Araya (le père), Leonardo Perucci (le petit ami), Cecilia García (la grand-mère)
Scénario : Antonella Sudasassi Furniss
Images : Andrés Campos Sánchez
Montage : Bernat Aragonés
Musique : Juano Damiani
Sound design : Fernando Novillo
Son : Sergio Gutiérrez Solórzano
Décors : Amparo Baeza Infante
Costumes : Patricia Alvarado Hurtado
Maquillage : Gabriel Hidalgo
Casting : Kim Picado Gutiérrez
Production : Antonella Sudasassi Furniss
Production exécutive : Antonella Sudasassi Furniss, Manrique Cortés Castro, Estephania Bonnett Alonso
Coproduction : Estephania Bonnett Alonso
Société de production : Substance Films (Costa Rica)
Société de coproduction : Playlab Films (Espagne)
Ventes internationales : Bendita Film Sales
Contacts :
Substance Films
San José, Costa Rica
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Bendita Film Sales
Santa Cruz de Tenerife, Spainsales@benditafilms.com