Quinzaine des Réalisateurs Cannes 2021 : "Medusa" d’Anita Rocha da Silveira

Dans les rues, un gang de jeunes ferventes chrétiennes frappent masquées les femmes qu’elles considèrent comme des pécheresses. Une blessure va changer la destinée de l’une d’elle, loin du chemin de la beauté et de la perfection au féminin.


"Medusa" d’Anita Rocha da Silveira © Wayna Pitch "Medusa" d’Anita Rocha da Silveira © Wayna Pitch

Film programmé par la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes 2021

Tout au long de sa filmographie, de ses courts à ses deux longs métrages (Mate-me por favor et Medusa), Anita Rocha da Silveira n’a cessé de mettre en scène des histoires inquiétantes et violentes dont les protagonistes sont des jeunes femmes ou des adolescentes. Ses problématiques se développent dans ses films comme si elle était sans cesse hantée par Carrie (1976) de Brian De Palma. L’adolescence féminine torturée par l’oppression patriarcale est au cœur de son attention, autour notamment du devenir de ces jeunes filles. Ici, c’est bien le Brésil de l’évangélisme ultra conservateur qui a donné le pouvoir à Bolsonaro qui est visé autour d’une vision sociale cauchemardesque de l’exercice en toute impunité de la violence de groupuscules d’extrémistes religieux.

Anita Rocha da Silveira flirte avec le cinéma d’horreur sans jamais y entrer afin de conserver pleinement sa description documentaire et la ligne de l’évolution psychologique de ses personnages. Elle dénonce par ailleurs les « vigilent movie » en usant de leur esthétique mais en en montrant toute l’horreur. L’oppression patriarcale prend à la fois les traits d’un évangéliste, d’une milice de jeunes garçons mais aussi de tout un cadre qui promeut la dictature de la beauté physique et la pureté chrétienne qui repose sur la servilité de la femme qui n’a pas d’autre rôle que de procréer.

Le récit prend divers chemins au fil de son développement mais repose sur un personnage principal, dont le statut change, ce qui le conduit à vivre des expériences inédites dans un hôpital mystérieux au bord de la forêt. Le mythe antique de la Méduse condamnée par Athéna et qui doit pétrifier les êtres humains est ici présent en sous lecture, discrètement, derrière des masques qui rappellent aussi l’horreur à l’œuvre dans Les Yeux sans visage (1960) de Georges Franju. La réalisatrice connaît bien ses références de l’histoire du cinéma de genre et les utilise avec perspicacité au service de son propre regard critique de la société brésilienne contemporaine traversée par des excès de fanatisme impitoyable.

 

 

Medusa
d’Anita Rocha da Silveira
Fiction
127 minutes. Brésil, 2021.
Couleur
Langue originale : portugais

Avec : Mari Oliveira (Mariana), Lara Tremouroux (Michele), Joana Medeiros (Karen), Felipe Frazão (Lucas), Thiago Fragoso (le pasteur Guilherme), Bruna Linzmeyer (Melissa), Bruna G (Clarissa)

Scénario : Anita Rocha da Silveira
Image : João Atala
Son : Bernardo Uzeda, Evandro Lima, Gustavo Loureiro
Décors : Dina Salem Levy
Montage : Marilia Moraes 
Musique : Bernardo Uzeda, Anita Rocha da Silveira
Casting : Giovani Barros
Production : Bananeira Filmes

Coproduction : MyMama Entertainment (Brésil), Brisa Filmes (Brésil), Telecine (Brésil), Canal Brasil (Brésil), Cajamanga (Brésil) 
Productrices : Mayra Auad, Vânia Catani
Distribution (France) : Wayna Pitch
Ventes internationales : Best Friend Forever

 

Contacts 
Production :
Bananeira Filmes
Praça Mahatma Gandhi, 2/1206, Cinelândia
20031-908 Rio de Janeiro – Brésil
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