"L’Oubli que nous serons" (El olvido que seremos) de Fernando Trueba

Dans les années 1970 et 1980, à Medellín en Colombie, Héctor Abad Gómez est un médecin très impliqué pour améliorer les conditions sanitaires de ses contemporains et le père aimant et attentif de ses six enfants.

"L’Oubli que nous serons" (El olvido que seremos) de Fernando Trueba © Nour Films "L’Oubli que nous serons" (El olvido que seremos) de Fernando Trueba © Nour Films
Sortie nationale (France) du 9 juin 2021 : L’Oubli que nous serons de Fernando Trueba

Fasciné par le best seller d’Héctor Abad Faciolince décrivant l’histoire autobiographique de sa relation avec son père, le cinéaste espagnol Fernando Trueba soutenu et encouragé par le producteur-scénariste-réalisateur colombien hyperproductif Dago García, s’est lancé dans cette adaptation pour le cinéma avec l’appui de son frère David Trueba à l’écriture du scénario et l’interprétation du brillant acteur espagnol Javier Cámara. L’équipe de tournage est également pour une grande partie espagnole, notamment pour les postes clés mais le film a été tourné en Colombie avec une production majoritaire colombienne. Il en résulte un film qui laisse la part belle à la Colombie mais avec un recul qui ne permet pas d’entrer au plus près de la réalité sociale puisque les personnages principaux évoluent dans leur propre univers narratif. Au cœur de l’intrigue se trouve ainsi davantage mise en avant la relation fascinante d’amour entre un père et son fils, que les combats du médecin Héctor Abad Gómez assassiné pour ses implications sociale et politique.

Quant à la mise en scène, elle est entièrement dévolue à l’adaptation du livre avec une rigueur et un respect du récit mais avec un manque criant de dynamisme. Il s’agit d’une adaptation sage construite sur l’héroïsation d’un homme hors du commun, père de six enfants et médecin très impliqué par les conditions sociales de ses contemporains. Fernando Trueba démontre encore son talent de metteur en scène avec notamment des constructions d’enchaînement de plans perspicaces mais ne se montre hélas pas très curieux du cœur du combat social de son personnage principal. Il en résulte certes un bel hommage pour un homme mais la société colombienne comme les actrices restent au second plan par rapport à leurs homologues masculins.

 

 

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L’Oubli que nous serons
El olvido que seremos
de Fernando Trueba
Fiction
135 minutes. Colombie, 2020.
Couleur
Langues originales : espagnol, anglais, italien

Avec : Javier Cámara (Héctor Abad Gómez), Nicolás Reyes Cano (Quiquin, Héctor enfant), Juan Pablo Urrego (Héctor), Patricia Tamayo (Cecilia Faciolince), Maria Tereza Barreto (Mariluz), Laura Londoño (Clara), Elizabeth Minotta (Vicky), Kami Zea (Marta), Luciana Echeverry (Sol, enfant), Camila Zarate (Sol), Whit Stillman (Dr. Richard Saunders), Laura Rodriguez (Barbara), Luz Myriam Guarin (Sœur Josefa), Aida Morales (Gilma), Gustavo Angarita (Aguirre), Kepa Amuchastegui (l’archevêque), Gianina Arana, Adriana Ospina, Alberto Rodriguez, John Camilo Pinzón, Juan Manuel Aristizabal, Jesús Orlando Cadavid, Maria de las Marcedes Hernandez, María Ester Murillo, Alexander Gutiérrez, Juan Ángel Samper, Sharlyn Stacy Gray, Leduan Arango Mazoo, Emilio Alberto Arango
Scénario : David Trueba, d’après le roman d’Héctor Abad Faciolince
Images : Sergio Iván Castaño
Montage : Marta Velasco
Musique : Zbigniew Preisner
Son : César Salazar
Maquillage : Laura Copo
Décors : Diego López
Costumes : Ana María Urrea
Production : Caracol Television
Producteur : Dago García
Producteurs associés : Alejandro Santo Domingo, Andrés Santo Domingo, Carlos Alejandro Pérez, Juan Pablo Mejía, Gonzálo Cordoba Mallarino
Producteurs exécutifs : Maria Isabel Páramo, Iván García, Cristina Huete
Distributeur (France) : Nour Films

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