Cancun. Conférence de presse de la Bolivie. 6 décembre 2010

«Ceci n’est pas une négociation climatique, mais un ordre imposé. Nous ne serons pas achetés»

(Pablo Solon, ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies).

 

 

Après la première semaine de négociations, les couloirs de l’ONU se remplissent en attendant l’arrivée des ministres et une probable restriction des accréditations.

Suite à la publication du projet d’accord final du groupe sur les actions de long terme le 4 décembre, la Bolivie a organisé une conférence de presse ce lundi 6 novembre. En effet, si ce nouveau texte de négociations laisse en discussion des options sur quelques sujets, il est profondément déséquilibré car les divergences essentielles, selon Pablo Solon, ne peuvent être rejetées unilatéralement par un président de groupe : « Les négociations doivent se poursuivre sur un texte incluant les propositions de toutes les parties».

 

Les propositions de Cochabamba éliminées

 

Pablo Solon a énuméré quelques propositions issues du sommet des peuples tenu à Cochabamba en avril 2010 - sommet ayant rassemblé près de 30000 personnes-, qui ont été rejetées du texte, sans discussions : l’impact des guerres sur les émissions, le respect des droits humains et des droits des peuples indigènes dans les politiques climatiques, la déclaration des droits de la Terre-Mère, une définition des forêts qui exclut les plantations, le rejet des nouveaux mécanismes de marché qui traitent la nature comme une marchandise et la création d’un tribunal pour la justice climatique.

Il a souligné toutefois le maintien en option de la proposition d’une réduction des émissions de 50% d’ici entre 1990 et 2017, position qui s’accorde avec celle du G77 et la Chine, qui demandent une réduction de 40%.

 

La Bolivie accusée de bloquer les négociations !

 

Répondant aux accusations adressées à la Bolivie de bloquer le processus, il a souligné son désir de trouver un accord équilibré et de prévenir la hausse des températures terrestres qui condamneraient une part majeure de l’humanité : «Les plus récentes recherches indiquent que 300 000 personnes meurent chaque année des désastres écologiques».

Les récentes révélations sur Wikileaks selon lesquelles les pays ont été poussés par le gouvernement américain à accepter l’accord de Copenhague ne sont pas une surprise pour la délégation bolivienne. La Bolivie et l’Equateur ont été privés de 3 millions de dollars en avril 2010 par les États-unis pour avoir refusé de signer cet accord : «Cela confirme ce que nous disons, ceci n’est pas une négociation climatique, mais un ordre imposé. Nous ne serons pas achetés».

Pablo Solon a conclu en disant que la Bolivie resterait à la table de toutes les négociations pendant cette semaine.

 

 

Geneviève Azam, conseil scientifique d’Attac-France

 

 

 

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