Jour de manif !

Tous les mouvements et groupes militants mexicains s'étaient mis d'accord pour faire du mardi 7 décembre la journée des actions et des manifestations.Pour le reste, les différentes coalitions ont adoptés des tactiques et mode d'action différenciés.

COP16Tous les mouvements et groupes militants mexicains s'étaient mis d'accord pour faire du mardi 7 décembre la journée des actions et des manifestations.

Pour le reste, les différentes coalitions ont adoptés des tactiques et mode d'action différenciés.

Le regroupement large « Dialogo Climatico - Espacio Mexicano », qui rassemble de nombreux mouvements, des altermondialistes du RMAC à Greenpeace Mexique, avait décidé de privilégier la mobilisation des militants de Cancun. Ceux-ci avaient décidé de manifester en centre ville, pour éviter tout problème avec les forces de l'ordre et surtout pour permettre une participation large des habitants de la ville. Dans la matinée, près de 3000 personnes ont parcouru le centre de Cancun (Cf. article d'Hélène Cabioc'h).

Via Campesina et ses alliés de l'ANAA (victimes environnementales) et du MLN (mouvement politico-social créé il y a 4 an) avaient choisi des formes d'action plus audacieuses : un groupe de militants accrédités par l'ONU devaient se regrouper dans le Moon Palace puis rejoindre le gros de troupes qui se rapprocherait le plus possible de lieu des négociations pour y tenir une « assemblée des peuples ». LVC_assemblea.JPG

Une vingtaine de militants ont réussi à tenir une conférence de presse improvisée dans le centre de négociation avant d'être poussés dehors par la sécurité de la conférence d'où ils ont rejoint la manifestation sur l'autoroute qui longe la Riviera Maya (Cf. les articles de Claude-Marie Vadrot et de Maxime Combes).

Pendant ce temps là le camp de Via Campesina se vidait de ses occupants qui allaient en manifestant vers les bus qui leurs avaient permis de rejoindre Cancun en caravane. La cohorte de bus s'est dirigée vers le Moon palace et a été bloquée par d'imposantes forces de police qui avaient coupé l'autoroute par un mur d'acier. Ils y ont été rejoints par une délégation de Klimaforum, un autre espace militant peuple de jeunes alternatifs aux bus psychédéliques. Toute l'après midi a pu être consacrée à une assemblée de débats où les représentants de Via Camesina se sont succédés, avec Pablo Solon, ambassadeur de Bolivie auprès de l'ONU, pour dénoncer le projet d'accord sur les forêts - REDD -, la remise en cause de l'accord de Kyoto ou la généralisation des mécanismes de marché dans le financement de la transition à laquelle seront confrontés les pays du sud.

Pendant ce temps, les négociations se poursuivent en attendant l'entrée en scène des ministres et chefs d'état qui arrivent mercredi 8 et jeudi 9 décembre. Des éléments nouveaux, avec la Chine qui annonce son accord pour s'engager à des réductions d'émission mais exige en même temps la prorogation de l'accord de Kyoto qui arrive à son terme fin 2012, le Kenya et l'Ethiopie qui se rapprochent des positions des Etats-Unis et de l'Union Européenne s'éloignant ainsi des objectifs ambitieux qui étaient défendus jusqu'alors par le groupe de pays africains, et enfin les nombreuses attaques portées en « off » par la plupart des pays développés contre la Bolivie, accusée de « bloquer le processus de négociations »...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.