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Le Club de Mediapart dim. 28 août 2016 28/8/2016 Édition de la mi-journée

La justice, grande absente des résultats de Lima

Tard dans la nuit de samedi à dimanche, les 194 Etats de la planèté sont parvenus à un accord dans le cadre de la convention cadre de l'ONU sur le dérèglement climatique. Loin d'être satisfaisant, cet accord hypothèque tout accord historique à Paris fin 2015. Les mouvements et ONG pour la justice climatique, notamment Attac France et les Amis de la Terre, ont rendu publique cette première analyse.

Tard dans la nuit de samedi à dimanche, les 194 Etats de la planèté sont parvenus à un accord dans le cadre de la convention cadre de l'ONU sur le dérèglement climatique. Loin d'être satisfaisant, cet accord hypothèque tout accord historique à Paris fin 2015. Les mouvements et ONG pour la justice climatique, notamment Attac France et les Amis de la Terre, ont rendu publique cette première analyse.

Le monde est confronté à une urgence planétaire : le changement climatique est causé par un système qui place la recherche du profit au-dessus des besoins des populations et des limites de la planète. Il dévaste la vie de millions de personnes à travers la planète. Selon les scientifiques du climat, des basculements critiques pourraient se produire prochainement et la température moyenne globale pourrait s'accroître de 4 à 5°C avec des conséquences catastrophiques pour nous tou-te-s.

La Conférence de Lima aurait dû poser les jalons de la façon dont les gouvernements allaient prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et pour soutenir les populations vulnérables de la planète à s'adapter aux inévitables conséquences.

Il s'agissait de réduire plus fortement les émissions d'ici à 2020 et de fixer des objectifs climatiques à long terme pour ne pas augmenter la température de plus de 1,5°C. Ne pas émettre plus que ne le permet le budget carbone et répartir ce dernier sur la base des principes de responsabilités communes mais différenciées, des capacités respectives des pays et de la nécessité d'honorer la dette climatique.

Ce qui s'est passé à Lima s'inscrit dans une longue série de décisions qui, chaque année, affaiblissent les règles internationales sur le climat, mettant en difficulté les populations et la planète.

Les engagements de réduction d'émissions pour l'avant 2020 sont injustes et beaucoup trop faibles. Ils conduiraient à dépasser les 2°C de réchauffement climatique d'ici le milieu du siècle. Ces objectifs n'ont pas été revus à la hausse en 2014, pas plus qu'il n'y a eu d'engagement à les réeaxaminer et les revoir prochainement.

Lima nous prépare à un accord à Paris qui ignorera les besoins et les droits des populations affectées dans le monde, excluant tout engagement contraignant en matière de contribution financière, d'adaptation, de perte et dommages et de transfert de technologie.

La Conférence de Lima n'a pas su établir un pont entre les actions que les pays doivent prendre et les technologies et financements nécessaires qui pourraient permettre aux populations du Sud de s'adapter, de construire leur résilience et de faire face à la perte et aux dommages occasionnés par les impacts du changement climatique. Pas plus qu'elle n'a permis de mettre sur les rails les nécessaires actions de réduction d'émissions sans lesquelles l'ampleur de la transformation et de la transition juste dont nous avons besoin pour limiter la hausse de température inférieure à 1,5 degrés C ne sera pas atteinte.

Ce qui a été décidé à Lima ouvre la possibilité que chaque pays détermine ses propres engagements en matière de climat, sans que ces derniers ne tiennent compte de ce que demandent la science, les populations et les exigences de justice, et sans cadre réglementaire clair. Nous avons vu des dirigeants politiques, en particulier ceux des États-Unis, de l'Union européenne et de leurs alliés, agir dans l'intérêt des grandes entreprises polluantes et déterminés à déréglementer davantage le régime de gouvernance international du changement climatique. Ce faisant, ils sapent la convention sur le changement climatique des Nations Unies dans ses fondements, en affaiblissant les règles portant sur les pays développés et en ignorant leur obligation légale et morale de débloquer des financements suffisants et de transférer les technologies.

A Lima, l'expansion de l'utilisation des marchés carbone, qui ont pourtant échoué, a été largement encouragée. Y compris à travers l'utilisation de crédits carbone issus des forêts et des sols, source de dévastations supplémentaires pour les populations paysannes et forestières à travers le monde, empêchant les transformations dont nous avons besoin.

Le Sommet des peuples et la marche dans les rues de Lima ont exigé la défense des droits de la nature et la garantie des droits des populations. Ils ont clairement mis en lumière ce que sont les solutions à la crise climatique et les alternatives.

Partout sur la planète, les populations mettent en oeuvre ces solutions et luttent pour transformer le système. Nous luttons pour survivre et pour garantir et sécuriser nos territoires, habitations et moyens de subsistance face aux dérèglements climatiques.

Nous nous battons pour une transformation du système énergétique visant à abandonner l'usage des énergies fossiles au profit de systèmes énergétiques accessibles à tous, contrôlés par les populations, décentralisés, sûrs et basés sur les énergies renouvelables. Nous défendons la souveraineté alimentaire et le développement des solutions agro-écologiques, tout en luttant pour s'adapter aux conséquences dévastatrices des dérèglements climatiques. Ainsi, les programmes de foresterie basés sur les populations fonctionnent dans leur intérêt, particulièrement ceux des populations indigènes, plutôt qu'en faveur des banquiers et des capitales financières dans le Nord.

Les populations accumulent de la force et du pouvoir, au niveau local, national et global. Nous allons continuer à mettre plus de monde dans les rues, à bloquer des projets d'extraction de ressources naturelles, des ports, des sièges d'entreprises, pour que notre force et notre pouvoir grandissent.

Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n'agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d'imposer un « accord mondial sur le climat » qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations.

Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance.

 © Maxime Combes © Maxime Combes

Premiers signataires:

International and Regional Networks and Organisations

Campaña Mesoamericana para la Justicia Climatica

Construyendo Puentes -  Redes Latinoamericanas Frente al Cambio Climatico

Corporate Europe Observatory

Friends of the Earth International

GAIA - Global Alliance for Incinerator Alternatives

IBON International  

Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee

Jubilee South Asia Pacific Movement on Debt and Development

LDC-Watch

Pan African Climate Justice Alliance

Push Europe

 

National Organisations and Network

Aksyon Klima Philipines

Alyansa Tigil Mina (ATM)

Attac - France

Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT)

Bangladesh Krishok Federation

Bayay Sibuyanon Philippines

Beyond Copenhagen 

Bolivian Platform on Climate Change

Campaign for a Life of Dignity for All - Philippines

CECOEDECON (Centre for community Economics and Development Consultants Society)

CESTA - Amigos de  la Tierra El Salvador

Confédération Paysanne - France

Ecological Society of the Philippines

Ecologistas en Accion (Spain)

Ecowaste Coalition Philippines

El FORO DEL BUEN AYRE

El movimiento vasco por la justicia climatica Bizi

EquityBd Bangladesh

Encuentro de la Sociedad Civil Bolviiana ante el cambio climático

Energy and Climate Policy Institute for Just Transition Korea

Fairwatch Italy

FUNDACÍON INTEGRAL DE DESARROLLO –FIDES

Fundacion Solon - Bolivia 

Hodagad Djibouti

Institute for Policy Studies

Justiça Ambiental Mozambique

La Mesa Nacional de Cambio Climático de Guatemala

Les Amis de la Terre - France

Our Rivers, Our Life (OROL)- Philippines and Gitib, Inc.

PAIRVI (Public Advocacy Initiatives for Rights & Values in India)

Peoples Movement on Climate Change

Philippines Movement for Climate Justice

Plate-forme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA)

PRRM

Sawit Watch 

Sociedad CivilAmigos del Viento Meteorología Ambiente Desarrollo

Solidaritas Perempuan (Women's Solidarity for Human Rights) 

Unidad Ecologoca Salvadoreña

WomanHealth Philippines

s

 

 

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Les riches capitalistes ne se sentent pas concernés. Ils croient sans doute qu'ils échapperont à la catastrophe. Peut-être ont-ils raison. Ils contrôlent toutes les ressources de la planète, de quoi s'offrir des abris où l'air sera respirable et où ils pourront faire cultiver les aliments dont ils auront besoin. De la science-fiction ? Pas sûr.

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L'auteur

Maxime Combes

Economiste et militant pour la justice climatique !
Ailleurs que Paris ! - France

L'édition

suivi par 14 abonnés

Climatiques

À propos de l'édition

Ouverte à l'occasion de la COP 15 de Copenhague, cette édition rassemble les contributions publiés lors des différentes sessions de négociations climatiques. Désormais à l'ordre du jour, la COP 20 à

Lima, et en ligne de mire, la COP 21 à Paris en 2015.