La mise en danger délibérée de la justice - Manifeste de soutien à la journée nationale d’action du 10 février 2011

Les attaques incessantes du président de la République et du gouvernement à l’encontre du service public de la justice et de ses personnels ont atteint leur paroxysme à la suite du terrible crime ayant entraîné la mort de la jeune Laetitia. Il n’est pas digne de la part d’un président de la République d’instrumentaliser la douleur et l’émotion.

Les attaques incessantes du président de la République et du gouvernement à l’encontre du service public de la justice et de ses personnels ont atteint leur paroxysme à la suite du terrible crime ayant entraîné la mort de la jeune Laetitia. Il n’est pas digne de la part d’un président de la République d’instrumentaliser la douleur et l’émotion.

 

Une nouvelle fois la séparation des pouvoirs est bafouée et le fonctionnement démocratique de l’Etat mis en danger. Rechercher des fautes personnelles là où il faut s’interroger sur des dysfonctionnements structurels est en soi une faute lourde et une atteinte inacceptable à l’autorité de l’autorité judiciaire.

 

Sait-on suffisamment que le budget que la France consacre par habitant à sa justice est inférieur de moitié à celui de l’Allemagne et parmi les plus faibles de tous les pays européens comparables ?

 

Sait-on suffisamment que chaque conseiller d’insertion et de probation se voit confier en moyenne plus de 100 condamnés à prendre en charge et que le budget des prisons est le seul à avoir véritablement progressé depuis 2002 ?

 

Sait-on suffisamment que la révision générale des politiques publiques (RGPP) a entraîné en 2011 la suppression de 76 postes de magistrats ? Pour ne prendre que ces quelques exemples.

 

Le gouvernement a fait le choix de laisser croire que légiférer à tout vent constituait en soi une politique de justice et de sécurité efficace. Derrière les attaques frontales de personnels de justice et quelque fois de police se cache l’échec radical de la politique de justice et de sécurité conduite.

 

Les plus hautes autorités de l’Etat sont en état de récidive avérée dans le mépris à l’égard de l’institution judiciaire garante des libertés et droits fondamentaux.

 

http://www.droits-justice-et-securites.fr/

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