«Obsidion», il y a cinq ans, en banlieue...

Remedium est enseignant dans une des deux écoles élémentaires du quartier des Tilleuls, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).

Remedium est enseignant dans une des deux écoles élémentaires du quartier des Tilleuls, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).
En novembre 2005, lorsque les émeutes éclatent, il a «l'impression d'être en décalage» avec ce qu'en disent aussi bien les médias que les politiques. Il commence à noter ce qu'il ressent dans un journal, et dessine aussi un peu. «Pour faire exister plusieurs points de vue.»
Courant 2006, le texte n'a pas bougé, mais les dessins se sont construits. Le récit est fini... et part dans un tiroir.

Cinq ans après, Remedium a proposé à Mediapart de publier cette bande dessinée, que voilà. Entre reportage et témoignage, entre analyse et colère, le regard d'un homme pris dans l'événement, pas vraiment acteur, pas seulement spectateur.

 

 

Aujourd'hui, au Blanc-Mesnil, la situation, selon lui, «s'est aggravée». «Pas loin de la goutte d'eau qui fait l'explosion.» Son quartier, celui qu'il a choisi pour exercer, c'est les Tilleuls, fui par les familles et où, dit-il, «il ne restera bientôt plus que les familles à l'abandon et des enfants tentés par l'illicite». «Aujourd'hui, là où je suis, il n'y a plus de limites, plus de barrières à la violence.» «A l'intérieur» de l'école pourtant, située au milieu de la cité, «ça va». Pour lui et ses collègues, les problèmes sont à la sortie: «9 ou 10 agressions d'enseignants l'an passé», dit-il. Pour les enfants, «les gros problèmes sont ailleurs, familiaux, sociaux»: «En ce moment, tout le quartier est en panne de chauffage.»

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