Blast

« Maintenant, j'arrête de dessiner des personnages qui s'en sortent. Place aux personnages qui tombent *». [Manu Larcenet] 

« Maintenant, j'arrête de dessiner des personnages qui s'en sortent. Place aux personnages qui tombent *». [Manu Larcenet]

 

 

Un blast durerait donc à peu près deux mois, soit le temps mesuré qui s'est écoulé depuis que j'ai refermé -sans plus le rouvrir- le volumineux volume de Manu Larcenet et ces quelques lignes.

Mais le blast ne dure pas. C'est un hors-temps. Il est l'épiphanie joycienne, il est le moment of being woolfien.

Le blast échappe à la logique discursive comme le discours de Polza Mancini, 38 ans, sans domicile connu, coule entre les mailles de la froide raison policière.

Le blast est l'exploration des marges, la possibilité d'un hors champ, l'échappée belle de l'angoisse anesthésiée par le Gin, de la pesanteur, de la mort, du cauchemar.

Le blast est l'éclair coloré de l'acide lysergique diéthylamide sur la terne trajectoire du monde civilisé.

Le blast ne se raconte pas.

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Manu Larcenet est devenu adulte. Trait, dessin. Epure et profondeur. Liberté absolue d'un auteur (presque) libre.

« Je pèse lourd, et pourtant, parfois, je vole. »

 

 

Blast, Grasse Carcasse T.1, de Manu Larcenet, Dargaud 2009, 22 €


* Manu Larcenet écoutait Rentrer au port, le dernier album de Mano Solo, pendant la composition de Blast.

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