Maki, Un Lémurien en colo

Il existe de par le monde plusieurs sortes de lémuriens : le Maki mococo (Lémur catta) ou le Maki Vari par exemple, ils sont reconnaissables à leur queue rayée de quatorze anneaux noirs et blancs, on ne les retrouve que sur l’île de Madagascar, ils vivent dans les arbres et s’organisent en sociétés matriarcales... Mais connaissiez-vous le « Maki en colo » ? Le Maki de Fabrice Tarrin est de ceux-là. 

Il existe de par le monde plusieurs sortes de lémuriens : le Maki mococo (Lémur catta) ou le Maki Vari par exemple, ils sont reconnaissables à leur queue rayée de quatorze anneaux noirs et blancs, on ne les retrouve que sur l’île de Madagascar, ils vivent dans les arbres et s’organisent en sociétés matriarcales... Mais connaissiez-vous le « Maki en colo » ? Le Maki de Fabrice Tarrin est de ceux-là.

 

 

 © Tarrin - Dupuis © Tarrin - Dupuis

Le grand jour est arrivé, le soleil est à peine levé, nous découvrons un Maki tentant de se soustraire à son destin : partir en colonie de vacances. Il l’avait pourtant dit à sa mère, il n’en avait vraiment pas envie. Alors il a décidé de fuguer. Sous son lit. Mais on n’échappe pas facilement à sa destinée. Et Maki doit finalement se résoudre à partir.

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Fabrice Tarrin, au travers de ses personnages animaliers, transpose avec ironie et justesse les sentiments humains les plus divers. Les peurs enfantines, le quotidien, l’éducation, les rapports entre les enfants et les adultes, la réalité sociale… Et l’univers de Maki est très loin d’une représentation idyllique du monde merveilleux des séjours à la montagne. Dans Maki, les souvenirs d’enfance côtoient l’invention pure, les clichés sont revisités avec énormément d’humour et de second degré. Vraie-fausse autobiographie ? Fausse-vraie fiction ?

 

Les détails de cette épopée estivale sont criants de vérité et les situations à peine exagérées, entre Scout toujours et Nos jours heureux, pour des références cinématographiques. Fabrice Tarrin a puisé, en revanche, dans son propre passé en choisissant pour personnage principal le lémurien, héros jusque-là sans nom amoureux de Charlotte Gainsbourg, qu’il avait créé dans Journal Intime d’un Lémurien (Shampooing).

 

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Maki, un lémurien en colo fait résonner en chacun de ceux qui ont connu les joies des campings (dés)organisés, des boites de conserve trop lourdes et des goûters toujours trop réduits que l’on se coltine sac au dos, des souvenirs émus ou mâtinés de regrets souvent éternels. On sourit alors devant l’argent de poche qui fait défaut dès le premier jour, on rit des animateurs amateurs et des embrouilleurs professionnels. On se souvient, comme Maki avec la petite Aline, du temps qu’on a mis à se demander si on pourrait embrasser la fille (ou le garçon) qui nous plaisait tant. Tout en se demandant comment il fallait faire…

 

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Album « tous publics », Maki est une aventure qui explore les travers de notre société, avec en toile de fond les affres des individualités versées dans la collectivité, l’égoïsme des adultes et les failles des enfants parfois livrés à eux-mêmes, souvent confrontés à leurs peurs et leurs envies. Loin d’être une bd réaliste, Maki joue cependant de et avec le réel et le vécu pour mieux nous faire rire et sourire de ces tensions, de ces drames parfois qui se nouent parfois en colo. Et Fabrice Tarrin jette un voile doux-amer sur cette parenthèse enfantine avec un talent et un humour résolument caustique dans ce premier tome très réussi.

Maki, un lémurien en colo, « une l’histoire est inspirée de vrais souvenirs d’animateur de colo. Et aussi, de vrais souvenirs d’ado… Malheureusement. »

 

BD

 

 

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Maki, Un Lémurien en colo, scénario et dessin de Fabrice Tarrin, Dupuis, 10 € 95

 


 

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