Bande de ciné

Les liens entre le cinéma et la bande dessinée ne sont plus à démontrer. Script, scénario, storyboard, montage, plans… sont des mots et des traits communs au 7ème et au 9ème art. Plus encore, ces deux arts visuels empruntent l’un et l’autre des chemins identiques dans la mise en image, dans l’expression graphique, dans la réalisation.

Les liens entre le cinéma et la bande dessinée ne sont plus à démontrer. Script, scénario, storyboard, montage, plans… sont des mots et des traits communs au 7ème et au 9ème art. Plus encore, ces deux arts visuels empruntent l’un et l’autre des chemins identiques dans la mise en image, dans l’expression graphique, dans la réalisation.

Le 28 avril prochain, les cinémas MK2 et l’éditeur Dargaud inaugurent une nouvelle saison de la formule ciné-bd qui se tient Quai de Loire à Paris depuis 2007. Cet événement bimestriel propose aux franciliens d’assister à une projection précédée d’un débat autour d’une thématique choisie par des auteurs de bande dessinée invités.

Pour la première de 2011, Aubin (dessinateur du tome 2 de La Malédiction des trente deniers), Nicolas Barral et Pierre Veys (auteurs des Aventures de Philip et Francis, l’hilarante parodie «officielle» des héros d’Edgar P. Jacobs) ont choisi The Lady vanishes (Une Femme disparaît). Le film d’Alfred Hitchcock sorti en 1938 est un des derniers films de la période anglaise du maître du suspense. Cette soirée sera donc placée sous des auspices très british.

Philip et Francis est d’ores et déjà un succès (le tome 2 a occupé la 58ème place des ventes de livres du 10 au 17 avril 2011), ce qui est plutôt inédit pour une parodie et c’est dire la qualité de l’album. Reprenant les codes de la série «mère», Les Aventures de Philip et Francis ne demandent pas de connaître l’intégralité des aventures des héros «originaux» de Jacobs et de ses repreneurs. L’album est un feu d’artifice de dérision, avec ses gimmicks propres («MI5 ? MI6 ?» On confond toujours…) et ses runnings gags savoureux (la propension à l’embonpoint du Professeur Mortimer et la rectitude outrancière du Capitaine Blake). Barral et Veys construisent peu à peu leur univers : dans le premier tome, grivois et féministe, ils s’amusaient du sacrosaint flegme britannique, face à une Menace sur l’Empire faisant craindre pour les institutions. Dans le second, Le Piège machiavélique, Philip et Francis sont projetés dans une Grande Bretagne parallèle où les autobus à impériale ont trois niveaux, où les conducteurs de taxis sont non-voyants et où les emblématiques cabines téléphoniques sont devenues des urinoirs publics…

Les aventures de Philip et Francis renferment des trésors de dérision, d’humour et de références, loin des aventures d’un classicisme immuable des Blake et Mortimer historiques, tout en rendant un hommage appuyé à la longue carrière des illustres ainés.

D.B.

Soirée spéciale Ciné BD, MK2 Quai de Loire à Paris, jeudi 28 avril 2011 à 20 h. Projection de Une femme disparaît d’Alfred Hitchcock présenté par les auteurs. Billets en vente avant la séance. Cart Pass acceptée. Plus d’infos sur le site de MK2.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.