[Rencontres] «Mai 68 vu des Suds» : 2 mars-14 avril 2018

Une série de rencontres et de débats publics pour comprendre les héritages politiques actuels des mobilisations mondiales émancipatrices des années 1965-1973.

À l’initiative de Jacques Sauvageot, hélas brutalement décédé alors qu’il préparait ces rencontres, le Réseau Sortir du colonialisme, le Cedetim et l’Institut Tribune socialiste (ITS) ont choisi d’évoquer Mai 68 à partir des Suds. Ils le font à l’occasion de la treizième Semaine anticoloniale et antiraciste, organisée en mars 2018. Six fondations et associations (Fondation IPAM, ITS, Fondation Gabriel Péri, Fondation de l’écologie politique, Fondation Copernic, Espace Marx) ainsi qu’un centre de recherche (le Centre d’histoire sociale du xxe siècle) soutiennent cette initiative, également soutenue et promue par Mediapart. L’objectif est de mettre en lumière le « mouvement mondial de Mai 68 vu des Suds » au cours de la période 1965-1973, afin de comprendre comment ses ressorts profonds, trop oubliés, font encore sens et trace aujourd’hui.

Cette initiative débute par une séance inaugurale en Sorbonne, suivie de cinq débats publics au Maltais rouge (40 rue de Malte, 75011) pendant deux semaines, permettant d’approfondir les situations par régions du monde, et d’une séance de clôture le 14 avril au CICP (21 rue Voltaire, 75011).

 

Séance inaugurale : 2 mars 2018 à la Sorbonne

Elle aura lieu à l’«amphithéâtre Richelieu» de la Sorbonne (17 rue de la Sorbonne, 75005), le vendredi 2 mars, de 14 h 30 précises à 20 h 30 (ouverture des portes à 13 h 30). Cette séance inaugurale comportera trois tables rondes thématiques. 

1) Le contexte général mondial (modératrice : Valérie Nivelon, journaliste à RFI) [14 h 30]

  • Étienne Balibar : «Des gauches nationales à la gauche globale.»
  • Gustave Massiah : «1965-1973, une période révolutionnaire ?» 
  • Bachir Ben Barka : «Les espoirs frustrés de la Tricontinentale.»
  • Luciana Castellina : «La crise du mouvement communiste mondial.»
  • Ludivine Bantigny : «L’influence des mouvements anti-impérialistes des Suds en Europe.»                                                     

2) Les luttes continentales (modératrice : Françoise Blum, ingénieure de recherche au CNRS) [16 h 30]

  • Elias Sanbar : « Palestine, l’émergence d’un mouvement national. »
  • Amzat Boukari-Yabara : « Afrique et panafricanisme. »
  • Catherine Samary : « Pays d’Europe centrale et orientale et dissidences. »
  • Carmen Castillo : « Amérique latine et luttes armées. »
  • Abraham Béhar : « Asie, révolutions et réactions. »

3) Les vecteurs de la révolte (modérateur : Patrick Farbiaz, Sortir du colonialisme) [18 h 45]

  • Michèle Riot-Sarcey : « L’émergence des luttes de femmes au Nord et… aux Suds ? »
  • Nils Andersson : « Le rôle des maisons d’édition alternatives dans la diffusion mondiale des idées d’émancipation de l’époque (Feltrinelli, La Cité, Maspero, Wagenbach, Présence africaine…). »
  • Pap Ndiaye : « L’influence des mouvements noirs des États-Unis (mouvement des droits civiques, Black Panthers, etc.). »
  • Serge Audier : « Les différents courants de pensée autour de Mai 68. »
  • Philippe Artières : « Le rayonnement de Mai 68 dans le monde. »

Cinq ateliers régionaux, du 20 au 30 mars au Maltais rouge

Cinq ateliers régionaux, consacrés plus en détail aux révoltes et mobilisations de la période 1965-1973 dans les principaux continents, auront lieu au Maltais rouge, de 18 heures à 22 heures, les 20, 21, 23, 29 et 30 mars : à chaque fois, deux tables rondes (avec un.e coordinateur/trice et deux ou trois intervenant.e.s) de 1 h 30 séparées par une pause de 15 minutes.

1) 20 mars : Asie (coordinateur : Pierre Rousset)

  • Alain Roux, Emmanuel Terray : « La Chine, maoïsme et réalités de la Révolution culturelle. »
  • Alain Ruscio, Romain Bertrand : « L’Asie du Sud-Est, zone des tempêtes (Vietnam, Laos, Cambodge, Philippines, Indonésie…).

2) 21 mars : Afrique subsaharienne (coordinatrice : Françoise Blum)

  • Héloïse Kiriakou, Alexis Roy, Ophélie Rillon : « L’Afrique francophone (Mai 68 au Sénégal, rôle de la FEANF…). »
  • Maria-Benedita Basto, Pierre Guidi : « Les luttes de libération des colonies portugaises, l’Éthiopie… »

 

3) 23 mars : monde arabe (coordinateur : François Gèze)

  • Malika Rahal, Sophie Bessis, Didier Monciaud : « Mai 68 au Maghreb et en Égypte. »
  • Leïla Chahid, Marc Pellas : « Palestine et Moyen-Orient, nationalisme arabe et conflit israélo-palestinien avant et après 1968, luttes au Yémen, Oman, Dhofar… »

 

4) 29 mars : Amérique latine (coordinatrice : Jannette Habel)

  • Sergio Coronado, Miguel Benasayag : « Les influences réciproques de Mai 68 et de la révolution cubaine dans le sous-continent. »
  • Jean-Baptiste Thomas, Geoffrey Pleyers : « Les luttes dans le Cône Sud et au Mexique. »

5) 30 mars : les territoires toujours colonisés par la France (coordinateur : Patrick Farbiaz)

  • Edwy Plenel, Michelle Zancarini-Fournel : « Antilles (Guadeloupe, Martinique…), Guyane, Pacifique… »
  • Isabelle Merle, Edenz Maurice : « Kanaky, Comores, Réunion… »

Séance de clôture, le 14 avril au CICP à 14 h 30

Animée par Gustave Massiah, elle abordera deux grandes thématiques.

  1. Synthèse des ateliers régionaux par leurs coordinateurs/coordinatrices (14 h 30 à 15 h 30).
  2. Les traces et les effets actuels dans la société française des événements mondiaux de la période 1965-1973 (15 h 30 à 18 h 30) :
  • Robi Morder : « Postérités et devenirs des mouvements étudiants “soixante-huitards”. »
  • Bernard Dréano: « Le “campisme”, une vision idéologique des questions internationales. »

Pause.

  • Ahmed Boubeker : « Les mythes fondateurs des mouvements issus de l’immigration des années 1970 et leur prégnance actuelle. »
  • Danièle Linhart : « La place du travail et le nouveau mouvement ouvrier. »
  • François Jarrige : « La critique des dégâts du progrès et de l’illusion technicienne. »
  • Martine Billard: « La naissance de l’écologie politique. »

La rencontre sera suivie d’un pot amical offert par les organisateurs.

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