UN JOUR d'AUTISME

Aujourd'hui c'est la journée de l'autisme.

Je sais fort bien ce qui va arriver. Les journalistes vont dénicher sans peine des "autistes" qui jouent du piano, des "autistes" qui écrivent des livres sur l'autisme, des "mamans d'autistes" (les autistes n'ont pas de mères mais des mamans), des éducatrices qui font-un-boulot-formidable et une sacrée bonne volonté souriante d'institutrices formidables qui intègrent avec succès des "autistes" plus difficiles mais tellement bien acceptés qu'on voit même pas la différence.

Et puis : leçon de morale sur le retard de la France comparée à novoisinzeuropéens, promesse de rattraper ce retard en employant des méthodes compote-mentalistes inspirées de l'imagerie cérébrale, détestation rituelle des psychiatres (mention particulière aux psychanalystes), oubli des IME, ces endroits considérés comme devant être éliminés, car d'autres solutions existent.

Lesquelles ? Pas la Belgique ? Pas le maintien à domicile ? Non ?

On va organiser une prise en charge par des prestataires successifs, genre "Uber" qui verront les enfants, un peu chez eux, un peu en accueil de jour, un peu par ci par là, et c'en sera fait de la pénurie. Chaque enfant sera sera considéré comme ayant une solution. La maman fera le taxi.

Nous n'aurons pas le courage ni la générosité d'accueillir en des lieux agréables et peuplés de personnels sincèrement intéressés par la mission de comprendre, d'interpréter, d'accepter et faire accepter la différence, sons sens et son intérêt.

Si cette différence est compatible avec la fréquentation scolaire quel monstre voudrait s'opposer à cette solution ?  Personne à ma connaissance !

Si au contraire la différence nécessite un abord spécifique, impossible à intégrer de façon heureuse pour aucune des parties, alors... Est ce que ce serait déchoir que d'accepter l'accueil institutionnel ? Sûrement pas. A la condition que le personnel, formé et encadré, ne soit pas privé de sa vocation soignante... Pour rappel 70000 enfants sont dans ces institutions où de temps en temps on voit passer un pédopsychiatre. Quant au personnel il "fait de la bientraitance" histoire de pas avoir d'ennuis. Ce qui est bien différent du soin.

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