Comment fixer le "nomadisme psychique"

Excusez le doublon, c'est ici que je voulais poster ça, pas sur mon blog

 

JCD

 

Comment contrôler le "nomadisme psychique"? 08 mars 2012 | Par silenceontourne- Mediapart.fr

Bonjour!

Je découvre hier une mesure pour moi passée inaperçue, et que je trouve dans la droite ligne des mesures sécuritaires pour les dangereux délinquants que sont, selon la vulgate actuelle, les "fous".

Beaucoup de malades psy sont mis sous curatelle, variante simple ou variante renforcée, ou sous tutelle. Cela, comme, j'espère, chacun le sait, entraîne un contrôle voire une gestion tierce de leur argent et de leurs décisions civiles en général.

Ces mesures d'un autre âge (l'intention au XIXe siècle de protéger les familles et surtout le patrimoine d'icelles contre la prodigalité d'un des leurs) sont applicables, sur demande de tiers, signalements médico-sociaux, saisine directe, par décision non contradictoire du juge des tutelles du lieu de domicile de l'"intéressé".

Beaucoup de psychiatres et de services de psychiatrie en ont une pratique assidue, au titre du  risque induit supposément par la pathologie du patient pour ses propres intérêts. Parfois de manière un peu légère et systématique, au titre du fait qu'alors on se "couvre" contre des procès pour défaut de vigilance et de surveillance, non du malade mais de ses biens (la plupart du temps si riquiquis).

Il se trouve, voyez-vous, qu'avant le 2ème "grand renfermement programmé" (tous au cabanon, que diable!), il est loisible qu'on aide les gens à se loger. C'est un vrai boulot, même si ne rentrant pas dans les rubriques d'un travail en psychiatrie "au format". Alors on les accompagne quand même, en loucedé, dans ces démarches. Pas facile, ils n'ont pas de fric, les bailleurs sont réticents, et ça forme souvent des ghettos plus ou moins vivables. Du coup il leur prend parfois l'envie de déménager.

Or voilà que l'autorité, en sa grande sagesse, vient d'instaurer une mesure nouvelle, destinée à protéger ces "pauvres gens" d'un risque d'être à la rue: s'ils veulent changer d'appartement, pour vivre un peu moins mal, et s'ils sont sous tutelle ou curatelle, ils ne peuvent le faire qu'avec l'autorisation du juge des tutelles, avec garantie d'avance de l'adresse où ils vont vivre.

Ces décisions de juges surchargés exigent un délai qui se compte en mois... Mes amis, avez-vous déjà trouvé un bailleur qui accepte d'attendre trois mois avant de louer, dès lors que vous avez, avec la personne, repéré hier un appartement qui lui convient (cas vécu dans mon service il y a trois jours)? Foutage de gueule et vieilles ficelles, pour renforcer la surveillance des "fous", ces dangereux "Roms intérieurs".

Beurk

JC Duchêne

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