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Le Club de Mediapart sam. 23 juil. 2016 23/7/2016 Dernière édition

Réponse de Michel Onfray à Elisabeth Roudinesco

Suite à la publication sur Mediapart du texte d'Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine?, consacré à une réfutation du livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Michel Onfray nous a adressé le texte suivant.

Suite à la publication sur Mediapart du texte d'Elisabeth Roudinesco, Pourquoi tant de haine?, consacré à une réfutation du livre de Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne, Michel Onfray nous a adressé le texte suivant.

Roudinesco sur Onfray

Où l'on apprend ce qu'est la position du missionnaire...


Elisabeth Roudinesco a affirmé à un journaliste sidéré qu'elle allait créer une polémique planétaire contre moi, une polémique dont je ne me remettrai jamais! Tudieu! Quelle force de frappe! Quelle puissance pour une si petite dame qui croit pouvoir activer ses réseaux intergalactiques afin de pouvoir continuer à distiller son fiel, enseigner la légende, et puis, bien sûr, empocher les bénéfices de ce petit commerce (très) rentable... Pour ce faire, elle inonde internet d'un «communiqué d'Elisabeth Roudinesco» de dix-huit pages, celui qui fut envoyé à l'Agence France Presse (!), qui est un tissu d'insultes, de mensonges, de contre vérités qui la ridiculisent gravement plus qu'elles ne me nuisent. Elle a intitulé la chose: « Pourquoi tant de haine? (suite)». En effet: Pourquoi tant de haine?


Cette haine, on la cherchera en vain dans mon livre, on pourra également lire les entretiens, visionner les émissions de télévision, écouter mes conversations radiophoniques qui n'ont pas manqué avant même la parution du livre, sinon assister à mes séminaires de l'Université Populaire (où mon amie psychanalyste, Myriam Illouz, enseigne, à ma demande, la psychanalyse -car je crois, pour ma part, aux vertus de la saine confrontation, du dialogue intelligent pour que le public se fasse lui-même une idée juste) : on n'y trouvera aucune haine.


A moins d'estimer que célébrer les vertus de l'histoire contre la dangerosité de la légende ce soit manifester de la haine! Auquel cas, je ne peux rien faire et veux bien être traité de haineux par une femme qui fait de moi à longueur d'ondes, d'entretiens, de papiers, de discours, un nazi, un vichyste, un pétainiste, un compagnon de route des négationnistes, un révisionniste, un antisémite, un défenseur de l'idéologie de l'extrême droite française!


Dans ce «travail» de Madame Roudinesco qui met à jour toute l'épistémologie dont elle est capable, je me contenterai juste d'une remarque pour éviter de reprendre point par point ce chapelet d'insanités. Pas question en effet de répondre de manière circonstanciée et développée à cette phrase tellement ridicule qui prétend qu'avec Le crépuscule d'une idole, j'aurais fait de la psychanalyse «une science nazie et fasciste» (page 15)!


Pas question non plus de faire autre chose que rire à gorge déployée à la lecture de cette sottise crasse: parlant de Freud je l'aurais tellement admiré que je l'aurais lu dans «mon enfance» (quel talent!) en me masturbant (page 8) (quel autre talent!)...
Pas question de commenter le diagnostic digne d'un élève de terminale (après sa première leçon de psychanalyse dans son cours de philo...) concernant la «haine» (page 8) que j'aurais pour ma mère, une information prélevée dans La puissance d'exister un livre justement dédié... à ma mère!


Pas question de répondre à l'assertion que j'aurais lu Freud en cinq mois quand, dans la préface, je signale avoir commencé ma lecture en 1973 alors que, sans craindre la contradiction, elle prétend elle-même que son Mentor me servait à me tripoter dans les cabinets dans mon «enfance»...


Pas question de montrer que ce livre, prétendument «dénué de sources et de notes bibliographiques» (page 2) comporte une bibliographie de vingt pages, interligne «un», soit plus de 50.000 signes, et de faire remarquer que les notes ne sont pas en bas de page, mais derrière chaque citation tant il y en a, (quatre ou cinq par pages en moyenne...) , ce que précise la seule note en bas de page de mon livre (page 37)!


Pas question de relever le mépris venu des beaux quartiers parisiens que ses honoraires lui permettent d'habiter contre moi qui suis tout juste un goy terroir «du bocage de Basse-Normandie» (page 7).

Pas question de tourner le couteau dans la plaie en relevant les passages dans lesquels Madame Roudinesco défend les pédophiles et la pédophilie (page 12) et attaque ceux qui l'attaquent -dont moi qui préfère me trouver de ce côté-là de la barrière que du sien, pour ça comme pour le reste....


Pas question de raviver le prurit en commentant cette assertion que j'aurais écrit «la première biographie non autorisée de Freud (en) laissant croire que ne sont aujourd'hui disponibles que celle d'Ernest Jones et de Peter Gay, parues la première entre 1953 et 1957, et la deuxième en 1988» (p.2) alors que je renvoie, pour le travail le plus récent, aux presque mille pages intitulées Si c'était Freud... de Gérard Huber paru en août 2009 -mention donnée dans la bibliographie (p.584). Par ailleurs, je n'ai nulle part dit qu'il s'agissait d'une «biographie non autorisée»!


Pas question de préciser que, concernant la correspondance de Freud avec Max Eitingon (dont Madame Roudinesco écrit: il «ne la cite pas puisqu'il ne connaît pas le détail de cette affaire», page 11) se trouve être précisément à la base des développements des deux chapitres intitulés «Salut respectueux de Freud aux dictateurs» et «Le surhomme freudien et la horde primitive» avec un détail de l'analyse des lettres échangées entre les deux hommes pp.549-550. Le livre que je ne connais donc pas est mentionné dans cette fameuse bibliographie qui n'existe pas non plus page 590! On y lira: «Sur la question politique, sur celle des relations entre psychanalyse et national-socialisme, quelques lettres à Eitingon constituent une mine, Correspondance (1906-1939), traduction d'Olivier Mannoni, Hachette, 2009. Egalement indispensable pour approcher la machinerie de l'institution psychanalytique»).


Pas question de montrer mes quartiers de noblesse de gauche (la chose est connue publiquement, la dame le signale elle-même dans ce même texte en me présentant, sans craindre le ridicule d'affirmer l'exact contraire de sa thèse, comme «un freudo-marxiste» (page 1) pour réfuter l'assertion selon laquelle je «réhabilite le discours de l'extrême droite française» (idem)!


Madame Roudinesco qui fut longtemps stalinienne au Parti Communiste français a gardé les tics d'une pathologie qu'on ne soigne jamais: elle est toujours bel et bien l'éleveuse des vipères lubriques et des hyènes dactylographes, ces animaux d'un temps qui fut le sien, celui de sa gloire passée, mais c'était un temps où je n'étais pas encore né...

Juste une remarque: le fichier qu'elle diffuse d'une manière hystérique et compulsive sur le net et qui contient cette prose scientifique (dans le sens que Freud donnait à ce mot...) a pour titre : «Roudinesco sur Onfray»... Si j'étais psychanalyste, ce qu'à Dieu ne plaise, j'y verrai quelque chose comme un acte manqué qui trahit un désir inconscient! Quand je pense qu'on ne peut même pas lui conseiller le divan – puisque c'est déjà fait! Preuve définitive, d'ailleurs, de l'inutilité de ce genre de pratique pour en finir une bonne fois pour toute avec les pathologies mentales, non?

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Tous les commentaires

@Luc Rigal

Pour moi le Journal ne pourra jamais choisir son lectorat, mais ce sont les lecteurs qui choisissent leur journal en fonction de sa cohérence et de son contenu éditorial.

J'ai l'impression que cette recherche de la "pensée unique" et de l'uniformisation de son lectorat va à l'encontre des objectifs et ambitions annoncées à la fondation du journal.

Comme vous l'avez bien expliqué, tout cela trouverait sa logique probablement à travers "d'inavouables dépendances économiques".

Est-ce à dire que la balance pourrait commencer à pencher d'un certain côté et de moins en moins vers d'autres côtés?

Coucou KAZE TASHINU.

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Comment cette société-ci accueille-t-elle la folie? Par la peur et le bannissement? Les prisons comptent près d'un quart de détenus qui souffrent de troubles psychiques et le projet de loi sur la rétention

de sûreté devrait prolonger indéfiniment la détention de ceux que l'institution jugera dangereux (pour qui? pour eux même ou pour la société?). Cette édition se veut le lieu du débat, et pourquoi pas, des propositions d'action.