Mardi, vote sur la loi réformant les soins sous contrainte

Pourtant, la semaine a été riche en contestations. Il y eut d'abord la manifestation des praticiens et patients le jour même où les députés entamaient l'examen du projet de loi, l'appel à la grève de tous les syndicats de psychiatres publics

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Pourtant, la semaine a été riche en contestations. Il y eut d'abord la manifestation des praticiens et patients le jour même où les députés entamaient l'examen du projet de loi, l'appel à la grève de tous les syndicats de psychiatres publics et enfin, révélé vendredi par Libération, l'avis très clair du contrôleur général des lieux de privations de liberté, sur l'hospitalistion sous contrainte: «Au regard des droits de l'homme, la situation est inquiétante et elle s'aggrave.»

En matière de psychiatrie, une telle convergence d'alertes est assez rare pour être soulignée.

La manifestation d'abord. Ils étaient quelque 400 mardi 15 mars, face à l'Assemblée nationale pour protester contre ce texte de loi «relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques, et aux modalités de leur prise en charge». Une manifestation initiée par le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire filmée et photographiée par quelques abonnés de Mediapart. Voici une compilation de ces témoignages recueillis après que le rapporteur du texte, le député Guy Lefrand, a reçu une délégation.

Malgré l'adoption de la loi en toute vraisemblance, les opposants ne désarment pas: «contre ce grand enfermement» une nouvelle manifestation aura lieu le 9 avril prochain, devant la statue de Pinel, face à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Philippe Pinel... le médecin qui peu après la Révolution française œuvra pour l'abolition des chaînes qui liaient les malades mentaux et, plus généralement, pour l'humanisation de leur traitement.

L'humanisation des traitements est très précisément ce que réclame le contrôleur général des lieux de privatisation des libertés. Dans un timing parfait, son avis sur l'hospitalisation d'office fut révélé par Eric Faverau dans Libération du 18 mars avant de paraître au Journal officiel (le voici ici, en format PDF –5 pages– et on peut lire , son avis sur l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police).

Les mots de Jean-Marie Delarue sont sévères: on y retiendra ici que, critiquant la politique de courte vue qui peut avoir «des effets inverses à ceux recherchés», il constate que de plus en plus d'établissements sont fermés et interdisent de fait aux patients hospitalisés avec leur consentement – et parfois même à leur demande – «de sortir librement, même pour se promener dans un parc». Il estime que la moindre des choses serait «que le malade libre ait au moins le choix entre unité ouverte et unité fermée». (Pour entrer plus dans le détail du texte, lire ce billet dans Mediapart.)

«C'est le grand retour de l'enfermement qui caractérise désormais ces lieux de soins», précise Jean-Marie Delarue dans Libération. Voilà plus de deux ans que les psychiatres, psychologues, infirmiers... rassemblés dans Collectif des 39 alertent. Mais demain, mardi 22 mars, la loi sera votée dans l'après-midi.

 

Pour ceux qui voudraient revenir sur les enjeux de cette loi, voici une brève revue de presse de la semaine sous forme de choix d'articles (et non de tribunes) parus dans les médias nationaux et encore disponibles sur le net (j'en ai sans doute oublié, n'hésitez pas à compléter!):

Et dans le journal de Mediapart: La psychiatrie mobilise contre la réforme des soins sous contrainte

 

 

 

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