Le livre de Didier Daeninckx: "Caché dans la maison des fous"

Histoire de savoir d’ou l’on vient pour envisager d’aller plus loin dans les pratiques.

Ce livre de Didier Daeninckx «  Caché dans la maison des fous » nous permet de visiter une partie de l’Histoire de la psychiatrie de cette deuxième partie du XXème siècle qui dès 1943 s’invente à Saint Alban, autour de deux psychiatres emblématiques des idées qui allaient changées en partie la psychiatrie asilaire. François Tosquelles pour la psychothérapie institutionnelle et Lucien Bonnafé le désaliénisme.

Ce livre est à proposer à celles et ceux qui veulent y comprendre quelque chose à l’accueil en psychiatrie. C’est dans cet endroit de Lozère qu’ils cachent Paul Eluard et sa compagne Nusch, qui avec Denise Glaser sont les personnages centraux du roman. Mais comment après la lecture de ce texte ne pas avoir envie d’aller plus loin pour se remémorer ou découvrir la folie de l’époque ou plus de 70 000 malades sont morts de faim dans les asiles psychiatriques, lire sur ce drame *

 Alors qu’à St Alban la vie quotidienne s’organise :

 « C’est Jeanne Bonnafé qui avait lancé la conversation après une plaisanterie du photographe à propos du manque de variété dans l’élaboration du menu.

- Je crois qu’il faut regarder les choses en face Jacques. Si on compte les sept cent-un malades, les quarante du service enfants du Villaret, les réfugiés de Ville-Evrard et de Rouffach, les effectifs des membres du personnel et de l’encadrement, c’est près de onze cent personnes qu’il faut nourrir chaque jour… »

 Le travail de réflexion autour de l’organisation des soins en psychiatrie s’élabore aussi pendant cette période. Bonnafé s’adressant à Denise Glaser au cours de l’une de leurs conversations :

-       Qui s’occupe des fous…N’ayez pas peur de prononcer le mot, c’est comme ça qu’on les désigne…En vérité, ils sont cachés au reste du monde. Comme vous. Dans un premier temps, les murs les protègent des méfaits de l’Histoire. Et tout le travail, paradoxalement, c’est de faire tomber ces murs…Est-ce que je suis clair ? »

C’est là, me semble t-il que nait la conception désaliéniste de la psychiatrie moderne.

* L'ABANDON À LA MORT... DE 76000 FOUS PAR LE RÉGIME DE VICHY

Suivi de Un hôpital psychiatrique sous Vichy (1940-1945)

Armand Ajzenberg, André Castelli Préface de Michaël Guyader

Editions hamattan

 

 

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Merci, Yves!