du rôle de l'infirmière dans une clinique psychiatrique

Du rôle de l’infirmière dans une clinique psychiatrique Depuis un mois et demi, je « séjourne » dans une clinique psychiatrique de l’ouest lyonnais et je la trouve très bien pour une clinique non institutionnelle. Tout y est fait pour occuper le patient : réel atelier ergothérapique, réelle bibliothèque et, cerise sur le gâteau, un vrai bar avec terrasse où l’on peut consommer toutes sortes de boissons non alcoolisées à prix coûtant. Bien évidemment, ce n’est pas une colonie de vacances, et soins il y a. Les psychiatres, trois fois par semaine, prennent leur temps de vous écouter (15 à 30mn). J’en arrive à mon sujet. Les infirmières, dans l’établissement où je réside en ce moment ne sont que deux par rotation pour 25 lits, sont débordées de travail et n’ont pas toujours le temps nécessaire pour être en écoute des patients. Il faut donc que le patient fasse lui-même la démarche de demander de l’aide au personnel soignant et dans ce cas il est écouté. Beaucoup d’entretiens s’effectuent dans « la bulle », au vu et au su de tous. Pour ma part – et je précise bien que ce jugement n’est que très personnel – quand je suis au plus mal, il m’est impossible de demander de l’aide ; l’angoisse me saisit. D’ailleurs, je ne veux pas que les autres connaissent mon état, je veux être un caméléon parmi d’autres. Entendez bien que je ne mets nullement en cause les blouses blanches. Que faire ? Je prendrais l’exemple d’un autre établissement. J’ai fréquenté ce lieu chic de l’ouest parisien l’année dernière (L’ouest c’est toujours mieux, ruons-y nous !). Pour 12 lits il y avait deux infirmières. Elles passaient souvent vous voir dans votre chambre pour écouter, parler ; on aurait dit qu’elles avaient reçu une formation de psychologue. J’ai cru comprendre que c’était le cas avant mais que dorénavant toutes les infirmières recevaient la même formation de base. Détrompez-moi ; ou mettez vous en grève, signez des pétitions, virez le ministre responsable quelque soit le mandat qu’il occupe actuellement. La première clinique est à but non lucratif et la journée ne coûte que 270€ (moins que certains HP). La deuxième au contraire, à but très lucratif, coûte 570€ la journée, sans compter la consultation journalière du psychiatre à 75€ ; cette dernière durait l’espace de 3mn entre deux rosiers du ravissant parc. Le travail psychothérapique revenait donc essentiellement aux infirmières. Et elles l’assumaient avec le plus grand professionnalisme. Dans un cas comme dans l’autre, l’infirmière est au plus près du patient, et à de rares exceptions près, c’est elle le pivot de la guérison (hormis les médicaments). Dans mes précédents articles sur les CMP je les avais déjà mis en avant…n’en déplaise à certains. Existe-t-il des établissements réussissant le bon équilibre entre les deux exemples précités. Et si oui, comment les dénicher ? Depuis que je tourne dans des cliniques et CMP, j’aimerais trouver une sorte de guide Michelin des cliniques psychiatriques. S’il n’en existe point, je propose de me faire soigner à vie dans toutes les cliniques de France pour l’établir. Je suis pris à 100% et sans travail. Le début d’une insertion par le travail ?

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