UN GRAND ESPOIR EN PSYCHIATRIE : LE RAPPORT ROBILIARD (1/4)

Introduction

Le rapport Robillard sur la psychiatrie en 2014 est un événement dont nous devons mesurer toute l’importance. Il remet en perspective une vision évolutive et dynamique de la psychiatrie, alors qu’une série de lois récentes à visée sécuritaires et hospitalocentriques a cherché à créer les conditions de la psychiatrie asilaire d’avant 1940. Il remet en scène la « Politique de secteur » en s’appuyant sur ce qui a été construit entre 1960 et 2000. Le rapporteur propose cette conclusion comme étant la somme de toutes les auditions qu’il a menées sur l’ensemble de la France en 2013. Simultanément il en met en garde l’État devant le constat que la qualité de cette politique est répétée dans la dizaine de rapports précédents, mais sans effet. Il invite cette fois l’État à passer à la phase d’application de cette politique.

Dans le texte qui suit nous nous interrogeons sur les raisons de ‘l’immobilisme de l’État’ depuis 1990. Ne serait-ce pas parce que la « révolution culturelle » que propose la politique de secteur n’a jamais été ‘traduite’ en termes administratifs, faute d’un langage commun, et parce que des ‘faits historiques’ sont intervenus et n’ont pas permis qu’elle soit ‘écoutée’.

Dans une première partie sont abordés ces évènements historiques qui expliquent ce ‘quiproquo’. Dans une seconde partie le sens de la politique de secteur est retravaillé. Dans une troisième une nécessaire rénovation de cette politique est esquissée. Ceci tout en restant constamment dans le commentaire du rapport Robillard. Au total celui-ci remet en selle les différents acteurs de la psychiatrie, il appartient donc à ces acteurs aujourd’hui, s’appuyant sur la richesse de 50 ans d’expérimentation, de venir compléter ce rapport par le fruit de cette expérience, en éclairant ses bases cliniques.

Ce texte propose d’ouvrir une réflexion complémentaire qui permettra d’accéder, enfin, à l’application de cette politique, ceci sans hésitation, ni délai, ce que demande le rapport Robillard.

PS ce texte en trois parties a fait l’objet d’une lecture attentive de Claude Finkelstein, Présidente de la FNAPSY, Yves Gigou, cadre infirmier supérieur, Dimitri Karavokyros, psychiatre des hôpitaux

 

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