The Corporation

Ce film est extraordinaire. Comprendre que les "corporations" sont des personnes (qu'on ose qualifier de "morales" selon le droit de nos nations) et qu'elles ont les mêmes droits que les personnes physiques (nous) alors qu'elles n'en ont pas les contraintes (elles n'ont pas de sentiments, de morale, on ne peut pas les mettre en prison, si c'était de vraies personnes, ce seraient des psychopathes!) explique tant de choses. Ce film montre comment un amendement contre le racisme dans la constitution américaine a été exploité par les juristes pour constituer des trusts. Il montre enfin que personne n'est plus aux commandes: quelles que soient les bonnes intentions des cadres et patrons des entreprises ou des traders, ils doivent prendre les décisions que dicte la loi du jeu financier et économique. En fait, on pourrait dire que les entreprises sont, dans le cadre du jeu néolibéral, devenues des sortes d'êtres vivants susceptibles d'évolution par "sélection naturelle", des superorganismes qui, comme une fourmilière, prennent le contrôle des individus qui les constituent et les asservissent à leurs intérêts. Les crises du capitalisme peuvent, dans ce cadre, avoir deux sortes d'issues. Ou bien les humains (les personnes physiques) décideront de reprendre le contrôle, ou bien l'évolution de ces superorganismes reprendra, les rendant de plus en plus efficaces et alors...

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