Quand la mer se retire...


SORTIR DE L’EURO
Quand la mer se retire…on commence à voir ce qu’elle laisse comme déchets. La crise financière et la récession économique ont commencé à faire de même : les cadavres d’entreprises s’accumulent, entraînant avec elles de nouveau licenciements. Les premiers touchés sont évidemment les banques et établissements financiers. Ensuite certaines entreprises qui comme les grandes surfaces tirent leurs profits de l’énorme trésorerie dont elles disposent du fait qu’elle sont payées comptant par les consommateurs courants alors qu’elle ne payent leurs propres fournisseurs qu’après des délais de plusieurs mois. Cette trésorerie est probablement en grande partie placée dans des produits financiers à valeur spéculative. Curieusement la réforme dont on a parlé qui consistait à imposer aux entreprises de raccourcir leurs délais de paiement aux fournisseurs, semble tombée dans l’oubli.
Ensuite viendra le tour des nombreux sous-traitants de l’industrie automobile et les entreprises du bâtiment. Ces deux catégories industrielles qui ont été depuis des décennies les premières et principales locomotives de l’économie vont certes se raccrocher aux branches, mais en délocalisant davantage et en supprimant des postes en quantité.
Les commerçants de proximité en particulier ceux qui fournissent des produits et services de consommation courante à bas prix, comme ceux qui fournissent à une clientèle argentée des produits de haut niveau vont probablement tirer leur épingle du jeu. En revanche le commerce qui s’adresse aux classes moyennes lesquelles commencent à ressentir les effets de leur perte de pouvoir d’achat certainement grossir la masse des dépôts de bilan qui augmente depuis un certain temps.
Ceux qui vont souffrir le plus seront comme toujours, les plus défavorisés, petits retraités, rmistes (ou rmastes), ouvriers et employés, chômeurs et autres précaires.
Pour ces derniers, l’Etat va être contraint, s’il veut éviter l’insurrection qui risque de favoriser la montée de l’extrémisme, de redevenir ce qui lui était reproché auparavant par la droite, un Etat providence ou du moins protecteur. Pour cela il lui faut des ressources financières. Or celles-ci n’existent plus, encore moins depuis qu’il sauve des banques en perdition. Colmater les brèches financières en injectant des dizaines de milliards n’est pourtant pas la solution de l’Economie orthodoxe de nos gouvernements. Nationaliser c’est mieux, encore faudrait-il que les nationalisations soient totales et que les indemnisations des porteurs soient très faibles et en tout cas reportées à moyen ou long terme. Peu probable bien que Sarkozy ait parlé d’un capitalisme moral !
Reste que ces engagements vont se répercuter sur le déficit budgétaire. Dans ce cas ou l’on laisse la dette se gonfler davantage et les critères de convergence du traité de Maastricht sont piétinés, soi-disant reportés à une date ultérieure, ou l’on raugmente les impôts. Dans ce dernier cas, il faudra revenir sur le boucler fiscal, et réimposer les hauts revenus, pour au moins supprimer l’indécence des fortes disparités de revenus, visibles ou non. Pour rendre cette solution la plus efficace, il faudrait compléter ces mesures d’une forte et rapide augmentation des bas salaires (Grenelle de 68 : + 15% !). Quant aux régulations financières annoncées à grands cris, elles ne seront, comme le reste, que poudre aux yeux, car ce serait revenir sur les traités de Maastricht et de Lisbonne dont les directives sont claires : oubliées les critères de convergence,pas de contraintes aux mouvements de capitaux, et pas d’aides des Etats et banques centrales aux entreprises ! Or une banque est une entreprise commerciale. Pas de contraintes non plus disent ces traités, sur la BCE pour les aider. Celle-ci va connaître des difficultés existentielles quand il s’agira de choisir de monter les taux d’intérêt pour diminuer les liquidités dues au crédit facile dont on voit l’extrême danger. Ou au contraire le diminuer pour laisser, un peu filer l’inflation - horreur -. officiellement pour ne pas léser (ce qui n’a jamais été prouvé), accroître la précarité les classes défavorisées et les pertes de pouvoirs d’achat des classes moyennes, ce qui contribue à la récession. Pas de contraintes donc de régulations non plus sur les mouvements, de capitaux nous disent ces traités. Faudra-t-il les revisiter et revoter après modifications ? Dans ces conditions le protectionnisme vers une économie réelle pays par pays - qui ne dira pas son nom – me semble inéluctable, du moins concernant ces mouvements de capitaux. A quand, pour la France du moins, la sortie de l’Euro comme monnaie unique ? (www.citoyenreferent.fr)

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