La sortie de l'impuissance politique est à notre portée

Avec l'expérience grecque et la montée de forces citoyennes dans d'autres pays, une porte s'ouvre aujourd'hui en Europe. Si nous laissons les pouvoirs en place la refermer brutalement, ne nous plaignons pas demain d'avoir raté cette occasion.

Avec l'expérience grecque et la montée de forces citoyennes dans d'autres pays, une porte s'ouvre aujourd'hui en Europe. Si nous laissons les pouvoirs en place la refermer brutalement, ne nous plaignons pas demain d'avoir raté cette occasion. Il s'agit de sortir enfin de décennies de destruction des systèmes sociaux, d'en finir avec les occasions ratées d'inventer de nouveaux modèles de solidarité, de partage et de développement humain.


40 ans ! Beaucoup d'entre nous sont nés ou n'ont grandi que sous le règne du fondamentalisme marchand, de la financiarisation, de l'appropriation des ressources communes, des pouvoirs oligarchiques mêlant finance, médias, marchands d'armes et politiques du renoncement. Beaucoup pourtant ont développé des alternatives concrètes sectorielles, des expérimentations qui ont gardé notre tissu social vivant : solidarité sociale, éducation populaire, innovation et création partagée grâce au numérique, modèles alternatifs de production et de consommation, modes de vie conviviaux, soutien aux migrants et aux prisonniers. Certains ont tenté de les fédérer en réseaux de réseaux, en coalitions. Mais au bout du compte, nous n'avons pas vraiment forcé les portes du destin.

Plus durement frappés encore, moins anesthésiés ou soûlés d'illusions du moins pire, les citoyens d'autres pays ont su créer de nouvelles forces au moment même où le rouleau compresseur semblait irrésistible, où seuls les nouveaux fascistes, xénophobes et chasseurs de boucs émissaires pointaient à l'horizon. Au premier rang de ces irruptions de nouvelles forces citoyennes et solidaires se trouvent la Grèce, et au second rang l'Espagne. Il ne s'agit pas de les prendre comme modèles, ni de tenter d'accrocher de vieux wagons à leur locomotive. Dans chaque pays, c'est par des voies différentes que nous ouvrons de nouveaux chemins. Ce que le projet De peuple à peuple de solidarité politique avec la Grèce tente de faire, ce sont deux choses :

  • empêcher des États et des pouvoirs dont l'arrogance et la brutalité sont sans nom de mettre un terme prématuré à ces expériences,
  • jeter les bases d'une nouvelle citoyenneté politique européenne qui ne se laissera plus diviser.

 

 

Même si nous réussissons la plus grande collecte participative politique qui ait eu lieu en France depuis très longtemps, collecte dont le produit sera exclusivement utilisé à soutenir des actions de solidarité sociale de terrain et de capacitation des citoyens en Grèce, même si cette réussite porte le message de l'engagement des citoyens français et européens, nous ne serons qu'au début du chemin. Mais ces premiers pas sont essentiels, ils sont ce qui est à portée de nous maintenant, d'ici au 4 avril prochain.

 

Les plus de 700 personnes qui ont déjà contribué l'ont fait avec une générosité et un enthousiasme politique qui nous oblige à réussir. Alors que nous n'avons sans doute encore touché que quelques pour cent de ceux qui s'intéressent à ces questions, nous vous demandons de ne pas laisser ce futur ouvert nous échapper.

Le groupe Interdemos : Sophie Wahnich, Laure Vermeersch, Marie Cosnay, Nathalie Chouchan, Balthazar Clamoux et Philippe Aigrain

Pour contribuer à la campagne De peuple à peuple : http://www.kisskissbankbank.com/de-peuple-a-peuple

 

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