Un jour, un livre - Fukushima, récit d'un désastre par Mickaël Ferrier

11 mars 2011, le plus fort séisme d'une magnitude de 8.9 sur l'échelle de Richter jamais enregistré touche le Japon. Le tsunami qui va suivre, et toucher les côtes d'Onshu détruira la côte sur plus de 600 km. Mais le pire est à venir, le coeur de la centrale électrique nucléaire de Fukushima fond avec des conséquences sur l'environnement irrémédiable.

Les 11 premières pages du livre décrivent le séisme survenu un vendredi, le 11 mars 2011, en début d'après-midi, dont l'épicentre est situé au large de l'île de Honshu à 450 km de Tokyo. On retient son souffle, sa respiration dès ces premières pages. Tout est suspendu ! Considéré comme le séisme le plus fort jamais enregistré au Japon, les mesures physiques enregistrés ont annoncé une magnitude de 8.9 au minimum, sur l'échelle de Richter. Puis Michaël Ferrier raconte le tsunami qui a touché les côtes d'Honshu, près de Sendai, détruisant la côte Est du Japon sur plus  de 600 km avec des vagues atteignant par endroit des hauteurs probables de plus de 30 voir 40 m. Le tsunami s'est enfoncé dans les terres sur plus de 10 km à certains endroits. C'est une succession ininterrompue de catastrophes qui s'enchaînent tout au long des pages. Il y en a tellement qu'on ne sait pas si on n'a pas été projeté sur une autre planète, en l'an 2500 confrontés à une autre réalité. Puis c’est le déferlement du tsunami sur la centrale nucléaire de Fukushima, entraînant des dégâts irréversibles, jusqu'à provoquer la fonte du cœur nucléaire, et l'explosion des bâtiments en béton, conçus normalement pour résister à une explosion nucléaire !

Mickaël Ferrier, observateur de l'enchaînement ininterrompu des évènements qui se déroulent en direct, retransmis par l'ensemble des média, relayés par les réseaux sociaux, et les sollicitations affolées de ses amis occidentaux... Il décide finalement d'arrêter d'être spectateur de ces mages saisissantes, pires que tous les scénario catastrophes produits par les blockbusters américains. Il part comme des milliers de bénévoles, porter secours, aux sinistrés du séisme, du tsunami et de la catastrophe de Fukushima sur la route du Tohoku, avec une camionnette qu'il loue pour l'occasion, remplie de nourriture, de médicaments, de vêtements, d'eau potable.  Il remonte ainsi le long de la côte Pacifique vers le Nord, en direction de Sendai. On le suit au fil des pages, impuissant, inutile, face aux montagnes de débris innombrables et dont les couleurs se sont fondues en un miasme brunâtre et nauséabond.

Ce texte parvient à décrire ce qui semblerait innommable, même en regardant les retransmissions en direct de cette succession de catastrophes, une situation, un pays, une population blessée et dont les stigmates se poursuivront sur des dizaines de milliers d'années.

En refermant ce livre, je comprends ce que je n'avais jusqu'à présent pas réalisé ; nous jouons avec des éléments que nous sommes incapables de maîtriser. Les risques insensés pris notamment dans la gestion de la centrale de Fukushima, nous oblige à nous interroger sur ce que nous lèguerons à nos générations futures. C'est une véritable prise de conscience en tant que citoyen, parent et être humain. Qu'avons-nous fait ?

Lisez ce livre, et faites le lire pour que tous nous puissions comprendre les conséquences de nos décisions politiques et économiques. Les japonais ont un mot "Haji-no-bunka". Cette expression signifie que nous ne blâmons pas les personnes qui nous offensent mais nous nous blâmons nous-mêmes pour ne pas avoir tout fait pour ne pas être offensées. Les japonais montrent ainsi qu'ils sont profondément désolés de leur propre insuffisance, ou incompétence. Cette expression n'existe pas dans la culture occidentale. Nous connaissons le sentiment de honte. Ce n'est pas assez fort pour exprimer ce que je ressens aujourd'hui.

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