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« Christine Taubira est arrivée en tête du vote d’investiture au jugement majoritaire » Voilà ce que l’on peut lire sur le site de la primaire populaire : www.primairepopulaire.fr
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause ce résultat. C’est leur choix et le minimum démocratique est de le respecter.
L’objet de cet article est de s’intéresser au vote lui-même plutôt qu’à son résultat.
Le vote était une proposition originale : Plutôt que voter directement pour un candidat, il s’agissait de le qualifier selon 5 critères :
- Très Bien
- Bien
- Assez bien
- Passable
- Insuffisant
Le vote s’est déroulé sur 4 jours et a donné le résultat suivant :
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On constate que deux candidats ont un total des suffrages exprimés diffèrent de 100 % :
- Yannick Jadot : Le total des voix du candidat EELV est de 101%
- Jean-Luc Mélenchon: Le total des voix du candidat de l’Union Populaire est de 99%
On supposera qu’il s’agit de la marge d’erreur induite par l’arrondissement des pourcentages. Et on supposera aussi que cette « erreur » n’a concerné que les deux candidats les plus médiatiques. Soit.
Ce qui détonne le plus dans ce résultat est ce qu’il révèle de l’opinion que se font des candidats les électeurs de la primaire populaire, des électeurs, faut-il le rappeler, supposés « de gauche » :
Tous les candidats, en dehors de Christine Taubira et Yannick Jadot, font leur meilleur résultat dans la catégorie « insuffisant » :
- Jean-Luc Mélenchon : 29%
- Pierre Larroutourou : 35%
- Anne Hidalgo : 36%
- Charlotte marchandise : 46 %
- Anna Agueb-Porterie : 51%
Une fois écarté.e.s les candidat.e.s jugés insuffisant.e.s, la Primaire Populaire aurait gagné en pertinence à proposer un second tour entre Christiane Taubira et Yannick Jadot pour évaluer la capacité à rassembler du candidat.
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Si un président est élu par son camp au premier tour, il ne peut gagner le second tour qu’en captant les voix de celles et ceux qui n’ont pas voté pour elle/lui au premier tour. La capacité à rassembler n’est pas une qualité négligeable.
En l’état, on peut s’interroger sur la qualification « insuffisant » attribuée aux candidat.e.s qui n’ont pas eu les moyens médiatiques et financiers de se faire connaître du grand public. Et pour les autres candidats, le jugement est un peu lapidaire.
Dans le cas d’un Jean-Luc Mélenchon, par exemple, il est plus que surprenant de voir un électorat dit « de gauche » qualifier, de la manière la plus unanime, Jean-Luc Mélenchon d’«insuffisant».
Que l’on ne s’y trompe pas, l’idée de la Primaire Populaire est une excellente initiative. La plupart des partis politiques ont dévoyé l’idée politique ; ils sont peu ou prou devenus des machines à fabriquer des candidats et non plus des idées politiques. Il revient donc à la société civile de proposer des solutions. Et la solution d’un vote populaire était à priori une excellente idée.
Mais plutôt que des qualificatifs péremptoires sans explications, une qualification des programmes ou des compétences propres à chaque candidat aurait été préférable.
Par exemple, et ce ne sont là que des suggestions :
A/ Pour chaque programme :
- Effets bénéfiques à court terme :
- Effets bénéfiques à long terme :
- Effets sur l’emploi :
- Effets sur la réduction de la dette publique :
- Effets sur le déficit du commerce extérieur :
- Effets sur l’éducation :
- Effets sur la santé publique :
- Effets sur la sécurité des personnes :
- Effets sur l’environnement :
B/ Pour chaque candidat :
- Niveau d’étude : La maîtrise d’une compétence particulière quelle qu’elle soit
- Multilinguisme : Maîtrise d’une ou plusieurs langues étrangères
- Compétences managériales : Aptitude à diriger, qualités d’écoute, qualités d’analyse et de synthèse, aptitude à repérer la compétence, à définir les postes requis et à nommer les personnes compétentes à ces postes,...
- Vision du Monde et de la place de la France dans le Monde
- Vision de la France et des français
- Compétences financières : Expérience de gestion financière, de préférence dans une organisation publique, capacité à élaborer un budget
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Une fois élu, le président aura cinq mois pour présenter son plan de finances au parlement.
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Être Président, c'est pouvoir diriger 5 611 260 fonctionnaires :
- 2 491 487 fonctionnaires relevant des ministères dont 309 184 militaires (Fonction Publique de l'État)
- 1 935 435 fonctionnaires relevant de la Fonction Publique Territoriale
- 1 184 338 fonctionnaires relevant de la Fonction Publique Hospitalière
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De la même manière, et pour reprendre la sémantique utilisée par la Primaire Populaire, il s’agira alors de noter de 1 à 5 chacune de ces compétences :
- 1 pour très bien
- 2 pour bien
- 3 pour assez bien
- 4 pour passable
- 5 pour insuffisant
Le candidat qui recevra le moins de points sera alors celui retenu comme le meilleur candidat pour cette primaire populaire.
Ainsi si l’on reprend cette meme méthode pour les résultats déjà acquis par la Primaire populaire lors du vote du 27 au 30 janvier janvier 2022, on trouve d’ailleurs un résultat totalement différent.
Christine Taubira est effectivement arrivée première sur sept candidats dans la catégorie « Très Bien », et deuxième dans la catégorie « Bien » mais elle est complètement rejetée par les autres électeurs qui la relèguent à la dernière place dans les catégories « Assez Bien » et « Passable ».
Yannick Jadot arrive deuxième dans les catégories « Très Bien » et « Assez Bien » et premier dans la catégorie « Bien » mais sixième dans la catégorie « passable ». Ce qui révèle une position plus équilibrée dans toutes les catégories de l’électorat de la primaire Populaire.
Et selon les mêmes critères, Anne Hidalgo révèle une candidature beaucoup moins rejetée qu’il n’a d’abord semblé avec les données brutes.
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A bien regarder ce tableau, Yannick Jadot se révèle le véritable vainqueur de la Primaire Populaire. Et un second tour l’aurait probablement confirmé.
Cependant, ces résultats ne préjugent pas de la difficulté d’obtenir les nécessaires parrainages pour être véritablement candidat. Il faudra l’aide de partis plus ou moins "amis" pour obtenir ces parrainages, en fonction vraisemblablement de cyniques calculs des partis politiques.