dijOnscOpe
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Dijon / Bourgogne

Suivi par 18 abonnés

Billet de blog 8 oct. 2011

Politique: Quand le centre s'éparpille...

dijOnscOpe
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'échiquier politique français pourrait théoriquement être très simple, constitué d'une gauche, d'une droite et du centre. Le renoncement de Jean-Louis Borloo à concourir à l'élection présidentielle de 2012 en tant que rassembleur des forces centristes et les dissensions que ce retrait révèle aujourd'hui montrent que même au centre, les divisions politiques sont légion... En Côte-d'Or, qui roule aujourd'hui pour François Bayrou, Corinne Lepage ou Hervé Morin ? Qui prône le ralliement à des partis de gouvernement ? Revue des troupes...

Après le départ de Jean-Louis Borloo, le centre-droit orphelin...

Samedi 02 octobre 2011 au journal de 20h de TF1, Jean-Louis Borloo, chef de file de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Ares), confédération politique regroupant plusieurs formations centristes - le Parti radical, le Nouveau Centre, la Gauche moderne et la Convention démocrate -, coupait court au suspens entourant sa probable candidature pour la Présidentielle 2012. "Les conditions ne sont pas réunies pour fédérer les centres et je ne veux pas ajouter de la confusion à la confusion", expliquait alors Jean-Louis Borloo, ajoutant "qu'à cette heure-ci, cette dynamique des centres à laquelle j'aspirais n'est pas suffisante pour porter une candidature, non pas de témoignage mais pour être présents au second tour de la présidentielle. La vérité, c'est que les centres n'ont jamais été aussi éclatés, en compétition entre eux" (Lire ici l'article de LExpress.fr sur le sujet).

L'Ares, orpheline de son principal fondateur, présentera-t-elle tout de même un candidat en 2012 ? Trois jours après le renoncement de Jean-Louis Borloo, le bureau politique du Nouveau centre a approuvé le principe d'un candidat centriste à la Présidentielle tout en renvoyant le soutien du parti à une éventuelle candidature d'Hervé Morin, son président, à un vote du congrès fin décembre 2011. Un accord que conteste François Sauvadet, président du conseil général de Côte-d'Or et ministre de la Fonction publique, qui souligne "qu'aucun vote n'a eu lieu" et que des voix divergentes, dont la sienne, avaient exprimé des doutes sur "la pertinence d'une candidature centriste en 2012".

Du côté du Parti radical, la question est également posée. "Mardi 04 octobre, le parti s'est réuni au plan national pour décider de réunir un congrès en janvier 2012, qui fixera notre ligne politique. Il a été rappelé que la participation à la Présidentielle n'était pas une fin en soi", note Jean-Philippe Morel, président du Parti radical en Côte-d'Or. Et de préciser : "Si notre position sera fixée en janvier, je pense déjà qu'il est exclu que nous rejoignions François Bayrou, président du Modem, car il n'a pas clarifié sa position sur le deuxième tour de la Présidentielle - tandis que nous sommes clairement positionnés au sein de la majorité actuelle. On sait où on habite. Je pense que nous serons plus forts en nous associant à un pacte de gouvernement plutôt que de nous isoler et de nous retrouver dans une impasse".

Bayrou seul au centre ?

François Bayrou, justement, semble respirer depuis le retrait de Jean-Louis Borloo, et se rêve en réconciliateur du centre. Celui à qui plus de 18% d'électeurs avaient accordé leur vote lors de l'élection présidentielle de 2007, "met aujourd'hui tout en œuvre pour sortir du costume étriqué de candidat en puissance d'un parti d'opposition, pour se glisser de nouveau dans celui de l'homme d'État, notamment depuis la parution de son livre 2012, état d'urgence", commente LeFigaro.fr (Lire ici l'article). Et de préciser : "Les rumeurs véhiculées ces dernières semaines - particulièrement au centre droit - sur l'éventuel renoncement de François Bayrou pour 2012 semblent bien loin".

En Côte-d'Or, François Deseille, chef de file du Modem et adjoint au maire de Dijon, s'estime "content de cette situation de départ de Borloo, auquel on s'attendait tous. Nous nous sommes simplement étonnés de la manière mais de l'extérieur, nous avions plus l'impression que Jean-Louis Borloo était poussé par ses lieutenants plus que par une réelle envie d'y aller. D'autre part, vouloir incarner le centrisme après avoir été l'un des principaux ministres de Sarkozy et avoir soutenu toutes les réformes du gouvernement, cela paraît compliqué".

Pour lui, "le centrisme est synonyme d'indépendance". "On ne peut pas se déclarer centriste après avoir été pendant très longtemps au gouvernement. Pour moi, il faut être capable de travailler avec un côté ou l'autre de l'échiquier politique sans vouloir automatiquement pencher vers un camp. Si on tombe toujours du même côté, on n'est plus un centriste ! Pour moi, les radicaux de gauche ne sont pas des centristes mais la droite de la gauche ; et les radicaux valoisiens, on l'a vu, sont des gens qui sont à gauche de l'UMP mais dans une alliance quasi-exclusive avec l'UMP ! Or chez nous, au Modem, nous sommes capables de travailler aussi bien avec des maires comme Alain Juppé (UMP) à Bordeaux qu'avec François Rebsamen (PS) à Dijon", commente-t-il. Et de poursuivre : "Aujourd'hui, la France a besoin d'une manière de gouverner centrale, réunissant les compétences de la gauche et de la droite pour avancer dans l'intérêt général du pays. Et ça, François Bayrou est le seul à le proposer".

Corinne Lepage entre dans la bataille

Bayrou, Borloo, Morin... et ce n'est pas tout ! Pour l'élection présidentielle de 2012, le centre devra également compter sur Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement - de 1995 à 1997 - et présidente du mouvement Cap21. Cette dernière a effectivement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, mardi 04 octobre sur TF1, dix ans après celle de 2002 où elle avait obtenu 1,88% des voix au premier tour. "J'ai beaucoup réfléchi, je me suis beaucoup préparée et je souhaite être candidate à cette élection", a déclaré la députée européenne âgée de 60 ans, qui avait soutenu François Bayrou en 2007 et rejoint le Modem, avant de claquer la porte du mouvement en 2010 (Lire ici l'article de Libération.fr sur le sujet). Elle a précisé que ses "premières propositions iront dans le sens d'un regain de droits pour nos concitoyens : cela veut dire des référendums d'initiative populaire, cela veut dire une justice indépendante, cela veut dire une presse totalement indépendante...".

La candidate compte également des soutiens en Côte-d'Or, parmi lesquels Benoît Bordat, conseiller municipal de Dijon. "Corinne Lepage met en avant une candidature citoyenne, pas une candidature de parti, sur un axe clairement écologique et citoyen. Ce qui la différencie des autres candidatures centristes est qu'elle est claire sur l'issue du second tour ou les soutiens potentiels qu'elle pourrait avoir - elle ne s'inscrit pas du tout dans la politique de Nicolas Sarkozy". Sa candidature pencherait-elle donc plutôt vers la gauche ? "Pour l'instant, nous n'avons pas de stratégie d'alliance au second tour. On travaille surtout sur la candidature de Corinne Lepage et sa présence à la Présidentielle. Mais une chose est sûre : il y a différents centres - ceux qui ont toujours travaillé avec la droite et l'UMP ; ceux, comme Bayrou, qui veulent travailler à la fois avec la droite et à la fois avec la gauche - mais je pense que cette vision a ses limites car elle présente ensuite des incohérences sur le plan local et national". Trop à droite pour les uns, trop à gauche pour les autres : les dissensions du centre rappellent finalement le découpage familier de l'échiquier politique français... Au risque de s'éparpiller ?

A lire sur dijOnscOpe :

Ailleurs sur le web :

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Le « wokewashing », la nouvelle stratégie des majors pétrolières
La justice raciale, le féminisme et les droits LGBT+ sont de plus en plus mobilisés par les géants pétroliers pour convaincre des bienfaits de leurs activités fossiles. Une pratique récente baptisée « wokewashing » et qui n’a qu’un seul objectif : retarder l’action climatique pour continuer à nous abreuver de pétrole.
par Mickaël Correia
Journal
Le PS et les quartiers populaires : vingt ans de trahison
Le Parti socialiste poursuit sa lente dislocation dans les quartiers populaires. En Île-de-France, à Évry-Courcouronnes et Aulnay-sous-Bois, les désillusions traduisent le sentiment de trahison.
par Hervé Hinopay
Journal — Libertés publiques
« Une gestion exclusivement policière de la crise sanitaire »
« La logique aurait voulu que les autorités adoptent une approche sanitaire et sociale » pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, pointe la professeure de droit public Diane Roman, qui regrette que, « désormais, tout se résolve en termes de mesures policières ».
par Jérôme Hourdeaux
Journal
Sondages de l’Élysée : le tribunal présente la facture
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce vendredi Claude Guéant à huit mois de prison ferme dans l’affaire des sondages de l’Élysée. Patrick Buisson, Emmanuelle Mignon et Pierre Giacometti écopent de peines de prison avec sursis.
par Michel Deléan

La sélection du Club

Billet de blog
Romani Herstory : réinscrire les femmes roms dans l’Histoire
Objets de tous les fantasmes, les femmes roms se voient sans cesse privées du droit à la parole. Les archives Romani Herstory montrent pourtant que beaucoup de ces femmes ont marqué nos sociétés de leur empreinte. (Texte d'Émilie Herbert-Pontonnier.)
par dièses
Billet de blog
Malaise dans la gauche radicale - Au sujet du féminisme
L'élan qui a présidé à l’écriture de ce texte qui appelle à un #MeToo militant est né au sein d'un groupe de paroles féministe et non mixte. Il est aussi le produit de mon histoire. Ce n’est pas une déclamation hors-sol. La colère qui le supporte est le fruit d’une expérience concrète. Bien sûr cette colère dérange. Mais quelle est la bonne méthode pour que les choses changent ?
par Iris Boréal
Billet de blog
Entre elles - à propos de sororité
Sororité, nf. Solidarité entre femmes (considérée comme spécifique). Mais du coup, c'est quoi, cette spécificité ?
par Soldat Petit Pois
Billet de blog
La parole des femmes péruviennes
Dans un article précédent, on a essayé de comprendre pourquoi le mouvement féministe péruvien n'émergeait pas de manière aussi puissante que ses voisins sud-américains. Aujourd'hui on donne la parole à Joshy, militante féministe.
par ORSINOS