Hollande veut «être jugé sur les résultats»

Après une première journée en demi-teinte, François Hollande a repris les choses en main, mardi 12 mars lors de son déplacement en Bougogne. À Dijon puis à quelques kilomètres de là, dans la commune de Sombernon, il a détaillé, mais aussi expliqué les futures orientations de la politique du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Après une première journée en demi-teinte, François Hollande a repris les choses en main, mardi 12 mars lors de son déplacement en Bougogne. À Dijon puis à quelques kilomètres de là, dans la commune de Sombernon, il a détaillé, mais aussi expliqué les futures orientations de la politique du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

«La France est un grand pays, respecté dans le monde, qui compte en Europe», lance-t-il à dans la salle des États du palais des Ducs de Bourgogne. "Je parle de la crise au passé et à l'imparfait, car nous devons nous en sortir. Si nous menons la bonne politique en Europe et surtout en France, nous atteindrons les objectifs. Pour la compétitivité, pour financer l'économie, pour l'emploi des jeunes, pour le rétablissement des comptes [..] Pas sûr que les gouvernements en dix ans ont pu faire autant que nous en dix mois. Je demande à être jugé en fonction des résultats !".

Tour d'horizon des principales déclarations.

  • Le déficit sera "sans doute" de 3,7% en 2013

Après avoir abandonné l'objectif de revenir à 3% de déficit structurel pour l'année 2013, François Hollande a pour la première fois fixé un cap : "Le déficit public s'établissait en 2011 à 5,2% de la richesse nationale. Il sera redescendu à 4,5% fin 2012 et devrait atteindre 3,7% en 2013". "Redresser les comptes est une obligation financière pour ne pas vivre à découvert, mais aussi une obligation morale envers les générations futures". Le président de préciser cependant qu'il s'agit d'une "trajectoire" qui dépendra des chiffres de la croissance.

  • Vers une nouvelle réforme des retraites

La réforme des retraites de 2010 déjà obsolètes ? C'est en tout cas ce qu'avance le chef de l'État. Selon lui, le déficit de la branche atteindra vingt milliards d'euros en 2020. "Il nous revient de prendre nos responsabilités. Par nous, j'entends l'État et les partenaires sociaux. Cette année, nous prendrons des décisions, à faire des choix courageux pour répondre à l'urgence et pour pérenniser nos régimes de répartition dans la justice".

  • 400.000 normes à alléger

À Dijon comme à Sombernon, François Hollande a déploré l'existence de près de 400.000 normes, autant de contraintes administratives, juridiques et budgétaires pour les administrations et les décideurs politiques et économiques. "Nous devons lever les blocages : la lenteur à laquelle trop de monde s'habitue, la lourdeur des procédures et des délais et la torpeur qui agite les esprits". Il proposera une loi de simplification et d'allègement des normes qui devrait donner lieu à une application "exceptionnellement rapide par les moyens que prévoit la Constitution".

  • La préfecture restera à Montbard

Interrogé par des maires sur les rumeurs prévoyant la disparition de la sous-préfecture de Montbard, le Président s'est voulu rassurant : "La Côte-d'Or est le quatrième département de France en terme de superficie. La sous-préfecture de Montbard restera donc. Il y a tellement de sujets pour critiquer le gouvernement qu'on n'ajoutera pas celui-ci !"

Avant de préciser que l'État devra cependant s'effacer là où "le besoin n'est plus identifié" : "Sa place sur le territoire doit évoluer avec son réseau de sous-préfecture certes, mais aussi avec la répartition des moyens de la police et de la gendarmerie".

  • Plus de mutualisation dans les services publics

Face à la disparition des services publics, François Hollande appelle la Poste, Pôle emploi, l'Assurance maladie, la Caisse d'allocations familiales, l'assurance vieillesse, la MSA, EDF, GDF et la SNCF à mutualiser leurs moyens et leurs interventions : "Cette mutualisation prendra la forme de Maisons de services publics. Un fonds national sera créé pour partager les dépenses liées à cette nouvelle organisation

  • De la souplesse dans le découpage électoral

En Côte-d'Or, la réforme territoriale cristallise les débats : "Le scrutin territorial conservera 'ancrage territorial puisque les cantons existeront toujours", assure déjà François Hollande. "La carte des cantons sera redessinée pour l'adapter aux évolutions démographiques". En Côte-d'Or, l'écart entre le canton le moins peuplé et celui le plus peuplé va de 1 à 33 ! "Des adaptations seront possibles pour tenir compte des spécificités : zone de montagnes, étendue du territoire et nombre de communes". Meneur de la fronde, François Sauvadet, député et président Nouveau Centre du conseil général de Côte-d'Or craint en effet une sous-représentation des territoires, notamment ceux du Nord du département.

  • Jusqu'à 90 euros d'aide financière par enfant

La réforme des rythmes scolaires et le passage à la semaine de 4,5 jours reste une des principales préoccupations des élus. "On se demande comment on faisait il y a moins de dix ans quand les 4,5 jours existaient déjà", sourit le président. Pour motiver ce passage, il propose aux communes une aide financière - entre 50 et 90 euros par enfant. "Le gouvernement travaille à l'assouplissement des exigences en matière d'encadrement.»

Jérémie Lorand, journaliste à Dijonscope

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