Sciences-Po : rentrée solennelle à Dijon

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106 étudiants ont fait leur rentrée solennelle ce lundi 12 octobre à Sciences-Po Paris, dans l’antenne excentrée avenue Victor Hugo à Dijon. Spécialisé dans l’Europe centrale et orientale, l’établissement de premier cycle ne compte pas moins d’une vingtaine de nationalités différentes sur ses bancs. Qui sont ces jeunes formés pour devenir l’élite européenne ? Rencontre.

Passeport SVP
« Quatre Slovaques, trois Roumains, douze Français, deux Estoniens, un Turc, une Norvégienne... », recense Laurence Tessier, assistante du directeur de l’établissement, Lucas Macek. Au total, ce sont vingt-et-une nationalités qui vont se côtoyer durant deux ans, le temps de leur apprentissage en premier cycle. Après, les élèves partiront passer une année à l’étranger, puis reviendront à Paris pour finir leur master. Pour le moment, ils vont devoir apprendre à maîtriser parfaitement le Français pour suivre leurs différents cours de droit, d’économie... Pluridisciplinaire, le cursus est particulièrement chargé. S’ils ont dû batailler pour rentrer à Sciences Po (seulement 10 % réussissent le concours d’entrée), le parcours du combattant ne fait que commencer.

 

L’Europe en long en large et en travers
Pour donner le ton, Michel Foucher, ancien ambassadeur, a été invité à donner une conférence à l’occasion de la rentrée solennelle ce lundi 12 octobre. En présence des élèves, du directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, du Maire de Dijon, François Rebsamen, et de Françoise Tenenbaum, vice-présidente de la région Bourgogne, le géographe a demandé à l’assemblée ce que signifiait la géopolitique : « C’est se demander quelle heure il est là-bas... ». Et d’enchaîner sur autant de questions que de réponses que soulève l’Europe : « Sur la question des limites de l’Union, je défends le projet américain qui est de terminer le travail qu’ils ont commencé à la fin de la Seconde guerre mondiale : stabiliser le continent en intégrant tout le monde. L'Ukraine, le Caucase, la Turquie... Sauf la Russie ! ». Trois-quarts d’heure plus tard, commence le débat avec les étudiants. Mais aucun doigt ne se lève dans l’amphithéâtre... « Si vous n’avez pas de questions, vous pourrez toujours lire », lance Richard Descoings.

Groupe d’élites
Un étudiant finira quand même par prendre son courage à deux mains pour interroger l’expert. La timidité sûrement, et la peur de faire une faute de Français, cette langue qu'ils ne maîtrisent pas encore à la perfection... Car l’Europe, ils la connaissent bien. Tous réunis, ils en dessinent une large partie de ses contours. Parmi eux, un jeune tchèque de 20 ans, Jan Kolar, venu étudier au lycée Carnot il y a trois ans : « Dès la seconde, j’ai été attiré par Sciences-Po, car l’établissement est pluridisciplinaire. Plus tard, je voudrais travailler dans la diplomatie ». L’étudiant a bien raison d’avoir de l’ambition. Consultants, diplomates, analystes financiers, journalistes... En analysant ce que sont devenus les anciens élèves de Sciences-Po Dijon, il s’avère que la majorité a très bien réussi professionnellement.

Chère réussite
Pour cela, il faut en avoir les moyens. Scolaires bien sûr, mais aussi financiers. L’année coûte en effet entre 530 et 5 300 euros par an (selon l’ensemble des revenus des parents), sans compter les frais d’hébergement. Selon l’assistante de direction, « les aides sociales sont colossales ». Le Conseil régional de Bourgogne et le Grand Dijon ont certes attribué des bourses (six et deux respectivement), sur la base de la valeur académique des élèves. Les autres doivent se débrouiller autrement... Jan pourra quant à lui compter sur une bourse d’environ 250 euros par mois du Crous, sur l’Aide Personnalisée au Logement, mais aussi sûrement sur une bourse au mérite : « J’ai eu la mention Très bien au baccalauréat ». Parmi ses camarades, le jeune Tchèque ne fait pas office d’exception. De quoi faire rêver bien des professeurs...

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