Le lycée des Marcs d'Or à Dijon inaugurait ce mercredi 21 octobre la campagne de promotion de l'allemand en formation professionnelle, autour du minibus deutsh prodialog express*. Mais alors qu'un film (amateur) sur le sujet se termine, présenté par un professeur d'allemand, le recteur de l'Académie de Dijon, Florence Legros, explose... Devant la cinquantaine de personnes présentes dans l'assemblée, qui en reste bouche bée...
Après avoir présenté le projet de campagne "Prodialog", le proviseur du lycée des Métiers du bâtiment et des travaux publics invite quelques élèves à raconter leur expérience de stagiaires en Allemagne. Timidement, sept jeunes exposent à l'assistance, composée notamment de chefs d'établissement, de médias locaux et du recteur de l'Académie de Dijon, combien cet apprentissage de trois semaines leur a été précieux, sans oublier les amis qu'ils ont rencontré sur place. "Rien n'aurait été possible sans madame B.", clament-ils en cœur, en désignant leur professeur d'allemand. Cette dernière prend alors la parole avant de lancer un petit film sur cet échange d'élèves franco-allemand. Quelques minutes et complications techniques plus tard, les images sont projetées sur l'écran géant. Les photos des élèves en train de travailler la pierre ou le bois défilent sur une musique rock. Générique de fin, rappel des partenaires du projet, fondu au noir... A peine le temps de reprendre ses esprits que Florence Legros, recteur de l'Académie, intervient brusquement :
- "Il n'y a pas le logo de l'Académie !
- Mais, mais c'est un travail personnel, madame.
- Qui est-ce qui vous paye ?
- Mais c'est mon mari qui l'a monté, je l'ai fait en dehors de mes heures de travail !
- Nous sommes ici sur notre temps de travail... Moi je trouve tout cela étonnant."
La scène se déroule devant une cinquantaine de personnes, dans un silence pesant. Le professeur est liquéfié. Le froid est jeté. Le proviseur improvise une sortie de crise et change de sujet. Un peu plus tard, il se glisse discrètement vers le recteur... "J'ai fait le relais pour régler le problème. Madame le recteur est très sensible au fait que la représentativité de l'académie existe". C'est le moins que l'on puisse dire. Au service communication de l'Académie de Dijon, l'explication est claire : "Ce professeur fait partie de l'Éducation nationale. Nous, nous sommes une institution qui travaille avec des partenaires. Cela relève du bon sens que de mettre le logo de l'Académie. C'est normal que le recteur ait réagi comme cela, même si elle reconnait s'être un petit peu énervée. Il faut dire qu'il y a une tendance à oublier qu'on a autant de légitimité qu'un autre partenaire à valoriser nos actions. D'autre part, ce professeur a fait ce film sur son temps de travail : elle a des heures prévues pour s'occuper de ce genre de dispositif". Pourtant, selon le proviseur des Marcs d'Or, ce travail ne rentrait pas dans le cadre d'une mission. Clairement, madame B. en a fait plus que ce qui lui avait été demandé. Un excès d'enthousiasme puni par des remontrances publiques... De quoi s'abstenir la prochaine fois.
* A suivre dans notre fil info de la journée.