Bulgarie: centrale nucléaire recherche banquier désespérément

Belene est le projet qui oppose les Amis de la Terre à BNP. Depuis plus d'un an, ce projet de centrale nucléaire dans la région de Belene (Bulgarie) alimente le conflit entre les ONG et BNP Paribas. Elles reprochent à la banque de faciliter le montage financier de cette centrale, construite sur une zone sismique.

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Belene est le projet qui oppose les Amis de la Terre à BNP. Depuis plus d'un an, ce projet de centrale nucléaire dans la région de Belene (Bulgarie) alimente le conflit entre les ONG et BNP Paribas. Elles reprochent à la banque de faciliter le montage financier de cette centrale, construite sur une zone sismique.

 

belene.jpgAussi étrange que cela puisse paraître, la Commission européenne a donné un avis favorable à la construction d’une centrale nucléaire dans la région de Belene, en Bulgarie, pourtant identifiée comme une zone sismique. « Le projet Belene a une longue histoire tortueuse et avait déjà été abandonné pour des raisons économiques, sociales et environnementales, souligne Sébastien Godinot des Amis de la Terre. La prégnance du risque sismique et l'explosion récente des coûts du projet de 2,5 milliards d'euros en 2005 à 7 milliards aujourd'hui confirment cette analyse ». Les ONG s’alarment de l’avis pourtant favorable rendu par la Commission européenne malgré ces risques. « Si la Commission européenne a reconnu [nos] préoccupations lors d'une rencontre avec les ONG, elle n'a pas tenu compte du risque sismique de la région de Belene, car le traité Euratom sur lequel elle s'est basée n'en fait pas mention, et son analyse a débouché sur un avis positif», affirment les Amis de la Terre.

arton3900.jpgOr, comme le rappelle l’ONG, pas moins de trois séismes significatifs viennent de frapper la région… « Un séisme de magnitude supérieure à quatre sur l'échelle de Richter a frappé la région de Belene le 12 mai dernier, c'est le troisième de cette intensité en moins d'un mois ». Yann Louvel, Chargé de campagne Finance privée au sein de l’ONG, estime que BNP Paribas aurait donc du, de son côté, fournir « une analyse un peu plus sérieuse sur le sujet ». « C'est précisément la question que nous avons posée hier à la direction du groupe lors de son Assemblée générale annuelle, poursuit-il. La réponse du Directeur Général du groupe, M. Baudouin Prot, nous apprend qu'il n'en est rien et que BNP Paribas semble s'être limité à l'avis positif de la Commission européenne ».

 

La polémique a donc repris entre les Amis de la Terre et BNP, accusé de jouer un rôle de conseil dans le financementde la centrale et, qualifié à ce titre, « d’irresponsable ».

Interrogé sur les suites données au projet « Belene », Baudoin Prot leur a répondu que la banque ne participerait pas au financement du projet, mais qu’elle était prête à organiser ce financement. Une attitude jugée contradictoire et « schizophrène » par les Amis de la Terre. Pour Antoine Sire, directeur de la communication du groupe, s’il y a schizophrénie, c’est à la rigueur entre la filiale bulgare du groupe, qui a accepté une mission de conseil sur ce financement, et le siège de BNP. « Sur le fond, la position de BNP est claire : nous n’investiront pas dans ce projet, explique-t-il. Certes, notre filiale bulgare a accepté de mener une mission de conseil, mais cela n’a rien d’indécent ». Par ailleurs, BNP estime « qu’il ne revient pas aux banques privées de financer une centrale nucléaire » et qu’« il n’est pas dans nos compétences de mesurer le risque de sécurité associé à de tels projets », ajoute-t-il. La banque renvoie donc les ONG aux autorités européennes : « dans la mesure où Bruxelles est très favorable à ce projet et a donné un avis positif, c’est auprès de la commission que les ONG devraient intervenir. Le fait que l’Europe donne son feu vert laisse penser que c’est un bon projetet encourage nécessairement industriels et financiers à participer. » Pour les Amis de la Terre, c’est au contraire la responsabilité de la banque qui est en jeu. Ils demandent à BNP Paribas de « se retirer immédiatement de toute implication dans ce projet dangereux et obsolète ».

UN PROJET TOUJOURS REPORTÉ

Le coût du projet, estimé initialement à 4 milliards d'euros, mais qui aurait considérablement augmenté depuis son lancement, a conduit la compagnie d’électricité bulgare NEK à solliciter des investisseurs étrangers. Mais elle peine aujourd’hui à trouver des financements. Douze banques internationales, parmi lesquelles la Société Générale ou City Group, ont refusé d’investir dans le projet, suite aux campagnes des ONG les alertant sur les risques de sécurité liés à cette centrale.

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Sources : Novethic’info mise en ligne le 22/05/2008, par Véronique Smée; voir aussi: Les Amis de la Terre, Greenpeace, les Verts.

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